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BOULIMIE FONCIERE DU REGIME WADE. Main basse des autorités sur Mbane.




29-07-2009
span.joshide { display:none; } ImageLa liste complète des ministres, des hommes et des sociétés qui se partagent 202 417 hectares au détriment des paysans – Des ministres, des hommes d’hommes, des sociétés ont fait main basse sur les terres de Mbane. Depuis le 19 mars des surfaces totales de terres de 202 417 hectares ont été bradées. La révélation a été faite par la Conférence des leaders de Benno Siggil Senegaal en conférence de presse hier, mardi 28 juillet, dans un hôtel de la place.

Depuis l’Alternance du 19 mars en 2000, des surfaces totales de terres de Deux cent deux mille quatre cent dix sept (202.417,20) hectares ont été bradées dans la communauté rurale de Mbane. Ainsi, en l’espace de trois(3) années seulement de GOANA et REVA, ce furent Cent quatre vingt neuf mille cent quatre vingt dix (189.190) hectares qui ont été spoliés correspondant exactement à la surface totale de la Communauté Rurale (190.600 ha) ! C’est ce qu’a soutenu la Conférence des leaders de Benno Siggil Senegaal en conférence de presse hier, mardi 28 juillet, sur la situation de Mbane. Mieux, si l’on en croit l’opposition, en tenant compte des 30.791 ha distribués entre 1980 et 2002, toutes les surfaces confondues attribuées s’élèvent à Deux cent trente trois mille deux cent huit (233.208,32) hectares depuis la création de la communauté rurale en 1980. « Si la logique boulimique libérale et suicidaire s’éclipse face à une réflexion lucide, on constate qu’en réalité il n’existe plus ni pâturages, ni zones d’habitations, encore moins de forêts classées dans cette Communauté Rurale. En effet, la surface de la communauté rurale de Mbane s’élève à 190.600 hectares seulement alors que 233.208 hectares de terres ont été distribués, soit quarante deux mille six cent huit (42.608,32) hectares de plus », affirme la Conférence des leaders de Benno Siggil Senegaal. Des autorités de la République font main basse….

Pour l’opposition, le scandale foncier est d’autant plus inacceptable, qu’il implique de grandes personnalités de la République, qui manifestement, dit-elle, piétinent la loi N° 64-46 du 17 juin 1964 relative au Domaine National. Ces autorités de la République « se sont fait attribuer des milliers d’hectares, n’ont payé ni des frais de bornage, encore moins entamé une quelconque exploitation de ces terres ». Et « ayant pris les meilleures terres aux abords immédiats du Lac de Guiers, elles ont par voie de conséquence pris toutes les dispositions de pouvoir, pour confiner les paysans et éleveurs dans les zones arides du Diéri ».

Comme des vautours autour du butin

La Conférence des leaders de Benno Siggil Senegaal donne la liste des bénéficiaires, il s’agit de :

* Dakaria Diaw, le Directeur de Cabinet du Président de la République, 1.000 hectares,
* Souleymane Ndéné Ndiaye, Premier Ministre, 50 hectares,
* Djibo Kâ, Ministre, 100 hectares,
* Papa Diop, Président Sénat, Ancien maire de Dakar, 800 hectares,
* Assane Bâ, Ministre Conseiller du Président de la République, 500 hectares, -
*Maître Madické Niang, Ministre d’Etat, Ministre de la justice, 100 hectatres, -
*Samuel Hameth Sarr, Ministre, 100 hectares,
* Oumar Sarr, Ministre d’état, 300 hectatres,
* Hamath Sall, Ministre 100 hectares,
* Thierno Lô, Ministre, 1.000 hectares,
* Cheikh Lô, Frère du Ministre Thierno Lô, 1.500 hectares,
* Bacar Dia, Ancien Ministre du Sport, 300 hectares,
* Général de division Boubacar Wane, 300 hectares,
* Général Abdoulaye Fall, 100 hectares,
* Madické Diop, Magistrat, 50 hectares,
* Ministère de l’Agriculture et de l’élevage, 1.000 hectares,
* Me Cheikh Bamba Niang, Magistrat, 210 hectares,
* Mme Rokhaya Agathe, 30.000 hectares (trente mille),
* Babacar Ndiaye « Keur Khadim », 2.150 hectares,
* Rabi Fakih, 3.000 hectatres,
* Ibrahima Ndiaye, 1.500 hectares,
* Serigne Mboup CCBM, 500 hectares,
* Oumar Guèye, fils du Président de la Chambre de Commerce de Kaolack, 6.000 hectatres,
* Al Housseynou Dème, Sous-préfet de Mbane, 40 hectares,
* l’Union des Jeunes Travailliste Libérales (UJTL), 10 hectares

A cette liste, il faut ajouter les sociétés attributaires :

* Société « Plantation verte », 20.000 hectares,
* SEDIMA S.A., 1.000 hectares,
* Société MTM, 30.000 hectares (trente mille),
* Société SENEGINDIA, 5.000 hectares,
* Sté Hispano-Sénégalaise, 1.000 hectatres,
* SEPROCA SA, 5.000 hectares,
* TOUBA INSER, 2500 ha,
* PROMODEV SA, 50.000 hectares (cinquante mille),
* AFRINVEST, 5.000 Hectares,
* Henno Sann, 800 hectares,
* John Roberts, DG Bomfords, Angleterre, 500 hectares,
* Société Agro Pastorale SANOSSI, 1.500 hectares

Penser aux conséquences d’une boulimie foncière

A en croire le Benno Siggil Senegaal , si les 233.208 hectares distribués devaient être irrigués, on devrait faire face à une opposition immédiate de la Mauritanie et du Mali. Il soutient que pour « le programme de l’après barrage, seuls 240.000 hectares peuvent être aménagés sur la rive gauche du Fleuve Sénégal au profit du Sénégal, sur lesquels seuls 140.000 sont destinés à l’agriculture (voir le Programme de Développement Intégré de la Rive Gauche (PDRH) élaboré par la SONED et l’état du Sénégal) ». Avant de s’interroger : « Comment peu-t-on alors envisager d’exploiter 233.208 hectares à Mbane sans provoquer une crise dans la sous-région ? Pour beaucoup moins que cela, l’excellent Programme des Vallées Fossiles pour le Sénégal, initié sous le régime socialiste, a été sacrifié, pour éviter un conflit avec la Mauritanie ! ».

En plus, au plan de l’environnement et de l’approvisionnement en eau potable, souligne l’opposition, « il faut savoir que le hydrogéologues ont prouvé que le lac de GUIERS perdait 75% de son volume par évapotranspiration chaque année. Si on veut en plus irriguer 233.208 hectares avec ses mêmes ressources hydriques, on l’assécherait et on priverait Dakar d’eau potable de manière irréversible ».

Pourquoi ils veulent changer le Pcr issu des rangs de Benno

La Conférence des leaders de tirer la conclusion « qu’au vu de ce qui précède, on comprend mieux les enjeux des élections rurales dans la Communauté Rurale de Mbane. Une nouvelle équipe est arrivée au pouvoir, suite à une éclatante victoire de la coalition « BENNOO SIGGIL SENEGAAL » au lendemain des élections municipales et Rurales du 22 mars 2009 ». Cette dernière avait, selon l’opposition, commencé à mettre en œuvre ses promesses électorales suivantes, en l’occurrence : « un audit citoyen des attributions des terres en zones de terroir ;La désaffectation des terres attribuées illégalement ; Une redistributions des terres aux paysans, éleveurs et ayant droits ; Le refus systématique de déplacements de villages Peulhs au profit de l’agriculture ». Et d’ajouter : « Les déprédateurs de la République sachant que leurs terres seront nécessairement désaffectées, font tout ce qui est en leur pouvoir, pour éviter que l’équipe de « BENNOO SIGGIL SENEGAL » victorieuse ne s’installe durablement aux commandes »

La résistance s’organise

Pour les populations de Mbane, il n’est pas question qu’une nouvelle équipe vienne prendre les rênes de leur Communauté Rurale. « Elles ne veulent ni d’une équipe SOPI ni d’une Délégation spéciale, qui ne serait rien d’autre qu’un bras armé du SOPI et des déprédateurs de la République », souligne l’opposition, avant d’ajouter : « Si les tenants du pouvoir essayent d’imposer Mamadou Ciré Diallo et son équipe à la tête de la Communauté Rurale ou d’y installer une Délégation Spéciale, les populations leurs opposeraient une désobéissance civile sans précédent dans l’histoire de notre pays, jusqu’à l’avènement d’un nouveau régime, en l’occurrence : refus de payer les impôts, refus de payer les taxes dans les loumas, déclaration de tous les membres du « nouveau Conseil Rural » persona non grata dans la Communauté Rurale, Refus de déférer à toute convocation de ce « Conseil » ou de son « Président », Interdiction de tenue de réunions dans la maison Communautaire de Mbane, Refus de travailler avec le nouveau sous-préfet, etc.. »

En tout état de cause, le Front « BENNOO SIGGIL SENEGAAL » « avertit solennellement, qu’il se réserve, une fois au pouvoir, le droit de remettre en cause toute acquisition de terres dans des conditions non transparentes à Mbane, surtout par des Ministres de la République, qui ont manifestement abusé de leur situation de pouvoir et de proximité avec le Président Abdoulaye Wade, pour spolier les pauvres populations. Aucune indemnisation ou dédommagements ne leur seront payés ».

SUD QUOTIDIEN

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Shadows Grow Across One of Africa’s Bright Lights

June 18, 2008
Memo From Dakar

DAKAR, Senegal — From the air, this sprawling city looks like a metropolis on the move, a buzzing quadrilateral jutting into the Atlantic. Cars speed along a supple, newly reconstructed four-lane highway that hugs the rugged coastline. Cranes dot the seaside, building luxury hotels and conference centers, as investors from Dubai revamp the city’s port, hoping to transform it into a high-tech regional hub.

But on the ground the picture shifts. Jobless young men line the new highways, trying to scratch out a living by selling phone cards, cashews and Chinese-made calculators to passers-by. The port is full of imported food that is increasingly out of reach for most Senegalese.

Dakar will soon have a glut of five-star hotel rooms, but rising rents have pushed the city’s poor and even middle-class residents into filthy, flood-prone slums. Shortages of fuel mean daily blackouts.

It is hard to escape a sense of malaise that has settled over Senegal, one of Africa’s most stable and admired countries, a miasma of political, economic and social problems as unmistakable as the fine dust that blows in from the Sahara every winter, blotting out the sun with an ashy haze.

This month the sense of crisis reached a head, when a coalition of political and civic groups began a national conference to reassess the country’s direction. The government, seeing it as a provocation, refused to participate.

All of which raises the question: If hardship and tension are vexing Senegal — a former French colony that has never known a coup d’état or military rule, and for 48 years has been one of the most stable, peaceful and enduring democracies in a region so long beset by tyranny and strife — what could that mean for its more troubled neighbors?

This question has become all the more pressing with the implosion of Kenya, once East Africa’s oasis, into ethnically driven electoral violence earlier this year, and South Africa’s recent descent into anti-immigrant rage.

Senegal’s chattering class is increasingly worried that the country’s long run of relatively good luck could also run out.

“After years of sunshine, we have so many clouds gathering over us in Senegal,” said Abdoulaye Bathily, secretary general of Senegal’s Movement for the Labor Party, one of the parties that joined with President Abdoulaye Wade’s coalition in 2000 but have since broken with him. “We are lost, adrift. And if we can’t make it, what country can?”

The political class is in seemingly permanent crisis. The grand coalition of opposition parties that brought Mr. Wade to office in 2000 after 40 years of Socialist rule has collapsed.

Most of the major parties sat out the 2007 legislative elections, so the National Assembly is made up almost exclusively of Mr. Wade’s allies.

A series of squabbles within the governing party, along with the widespread speculation that Mr. Wade is grooming his son, Karim, as his successor, have also soured Senegal’s longstanding reputation as a beacon of democracy in a region once plagued by authoritarianism.

Mr. Wade, an indefatigable octogenarian who was re-elected last year for a five-year term, has in many ways staked his legacy on the rebirth of Dakar from a quaint colonial city to a major regional center, a kind of mini-Dubai for West Africa. It is the bequest of an aging leader to a new generation of Senegalese, the men and women he calls the Generation of Concrete.

Mr. Wade put his son, a former banking executive in London, in charge of organizing the Islamic Summit, a meeting of heads of state of Muslim countries held here in March. The vast makeover of the city was supposed to be complete beforehand, but while most of the roads were finished, the hotels were not. The government rented private homes and cruise ships to house delegates and members of the news media.

Much of the work was paid for by Islamic donors, not the public, but little accounting has been given for the reconstruction projects.

When the speaker of the National Assembly tried to question the president’s son about spending for the summit meeting, the speaker’s party leadership position was abolished and the assembly introduced a bill to cut his term to a single year.

He later reconciled with the president, but such scandals have exacted a toll on the country’s reputation. Once a darling of international donors, who have spent millions to help Senegal build schools and clinics, pay off its debts and plan infrastructure projects, the country has found itself criticized by representatives of the International Monetary Fund and the World Bank over public spending and policies that have worsened the effects of rising food prices.

A study commissioned by the United States Agency for International Development last year concluded that “a lack of transparency in public affairs and financial transactions, as well as chronic corruption, plague Senegal today.”

Africa as a whole has been enjoying high economic growth rates, but in 2006 Senegal’s economy grew by just over 2 percent. It has rebounded and is expected to reach 5.4 percent this year, but persistent unemployment and high food and fuel prices have blunted the benefits of growth for most people.

Above all, Senegal’s people seem to have lost their seemingly endless optimism. A Gallup survey completed here last year found that only 29 percent of respondents said they had a job, down from 35 percent the previous year

Most telling, 56 percent of those surveyed said they would leave Senegal permanently if they could. In recent years, tens of thousands of Senegalese have boarded rickety wooden fishing boats to try to sneak into Europe. Many thousands are believed to have died in these perilous crossings.

This frustration has largely been turned against Mr. Wade, a longtime opposition figure who endured imprisonment and political isolation for decades before bringing his quirky blend of neo-liberal and Afro-optimist ideas to the presidential palace.

To his many fans, Mr. Wade is an updated version of the founding fathers who governed Africa in the years immediately after independence. His age is a closely guarded secret, but he is believed to be 82, which would make him almost old enough to have been a contemporary of Africa’s early political giants, like Kwame Nkrumah of Ghana and Julius Nyerere of Tanzania.

El Hadji Amadou Sall, Mr. Wade’s spokesman and a senior adviser, says that the government is already spending most of its budget on sectors that directly affect the poor, like health and schools, but that these are less visible than five-star hotels. Mr. Wade has also announced ambitious plans to boost food production.

Some Senegalese are pleased. Paco Demba Dia, a 39-year-old traditional wrestler, said seeing new roads and buildings gives him a sense of pride.

“In all those years, the Socialists never did anything like this for us,” he said.

But to his critics, Mr. Wade has sullied Senegal’s reputation and has consolidated power within his own family.

The discontent is keenest among young people, and their chosen mouthpieces: rap artists who have become the griots, or musical storytellers, of their generation, providing a soundtrack to their frustrations.

“We’ve been waiting 40 years for real change in this country,” said Didier Awadi, a rapper whose rhymes in the Wolof language demanding change helped steer young people to vote the Socialist Party out of office in 2000. “But we are still waiting.”

On one of the many billboards across the city welcoming the attendees of the Islamic Summit meeting, someone scrawled paint over Mr. Wade’s face, writing: “We are hungry.”

Indeed, many Senegalese wonder whether the money to rebuild the capital was well spent. Amadou Ndiaye, a hawker who sells cheap Chinese-made shoes on the sidewalk, said that little of the new construction will benefit him. He has no car, and the new roads don’t go anywhere near his slum home.

“We can’t eat roads,” Mr. Ndiaye said. “We can’t afford to sleep in five-star hotels. So for whom is all this? Not for the ordinary Senegalese man.”

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Sénégal,le monument de la décadence

. Par Abdou Latif Coulibaly
La statue de la décadence, ce titre conviendrait mieux aujourd’hui pour nommer le monument que l’Etat est en train d’édifier au sommet de cette petite colline formée aux Mamelles sous les décombres de ce volcan éteint depuis des lustres. L’information que nous soumettons à nos lecteurs cette semaine est simplement surréaliste. Si nous n’avions pas accompagné celle-ci de documents authentiques attestant la vérité de celle-ci, beaucoup d’entre vous en auraient douté. Et il n’est même pas certain qu’un tel doute soit levé chez certains d’entre vous, tant la nouvelle est inédite et choquante pour tous les démocrates qui pensent, à juste titre, que le sacerdoce confié à un chef d’Etat exige de lui un comportement irréprochable d’un bon père de famille diligent et responsable.

De ce point de vue, la statue en construction aux mamelles pour célébrer et magnifier la « Renaissance Africaine » constitue une incongruité, voire une absurdité qui déshonore notre pays et tout le continent et apparaît comme la marque d’une profonde régression de l’Afrique, plutôt le signe d’un quelconque renouveau pour ce continent. Elle est à plusieurs égards le signe d’une déchéance qui conforte tous les tenants de cette idéologie raciste qui considère à tort que l’homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire humaine. Cette statue a été conçue à l’origine comme un patrimoine commun à toute une immense communauté, et par-delà elle, un patrimoine commun à tous les hommes et femmes dans le monde. Pour tous ceux qui acceptent, sans arrière-pensée, partagent et vivent les valeurs qui font de l’être humain une créature élue de Dieu. Voilà qu’une ambition aussi généreuse et aussi essentielle, dans le combat pour la « Réhabilitation du Noir », est réduite à la simple dimension d’un homme. La simple dimension d’un homme plus préoccupé par la construction de sa propre mythologie qu’à l’édification d’une œuvre qui restitue au Noir toute sa présence et son apport dans l’histoire de l’humanité. Comment un chef d’Etat en exercice peut-il, raisonnablement, expliquer à son pays et au monde, une décision aussi surréaliste que grotesque, que celle consistant à immatriculer en son nom personnel une œuvre édifiée avec les moyens de la Nation, avec les fonds publics, qui plus est, sur un terrain appartenant à l’Etat ? Il y a des limites que la décence interdit de franchir dans la conduite des affaires publiques. Malheureusement, de telles limites sont souvent facilement franchies dans ce continent. Hier, Idy Amin Dada et Jean-Bedel Bokassa ont illustré à merveille, dans des proportions presque caricaturales, ce mal africain. Aujourd’hui, le chef de l’Etat nigérien, Mamadou Tandja, par sa volonté inébranlable de changer, contre l’avis de tout un peuple, la Constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir, la décision du président sénégalais d’immatriculer le monument de la Renaissance Africaine, en son nom personnel, ne déparent pas tellement les actes qui avaient, par le passé, fait de Jean-Bedel Bokassa et d’Idy Amin Dada, les symboles d’une Afrique méprisée et niée. Méprisée et niée dans son histoire riche et séculaire, berceau, comme dirait le penseur sénégalais, de l’histoire de l’humanité entière. La célébration de la renaissance de ce continent procède d’une volonté légitime des Africains de revendiquer toute leur place dans le cours de cette même histoire. Ce combat, pour légitime et juste qu’il paraisse à nos yeux, est loin de l’être pour tous ceux qui nous l’ont imposé. Et c’est à nous de les convaincre que nous avons raison de l’engager. Et que c’est dans l’intérêt de toute l’humanité de conduire et de gagner un tel combat. Nous ne pouvons pas cependant les convaincre, quand nos dirigeants qui acceptent, à leur manière, de prendre en charge cette bataille de la renaissance, confondent la résurrection du continent avec leur (re)naissance personnelle. Dans cette affaire, on ne peut pas réduire la décision à l’expression d’un simple désir de pouvoir et de puissance. Elle est aussi l’expression d’un désir presque démentiel d’exister au-delà de l’exercice du pouvoir et de disposer d’une rente viagère par les produits collectés avec les nombreuses visites touristiques organisées sur le site. Tout se présente aujourd’hui comme si François Mitterrand avait décidé de donner un titre de propriété sur le Musée. On sait que ce grand homme d’Etat avait été d’abord motivé par un souci de faire rayonner son pays dans le domaine de la culture. Souci, certes, inséparable d’une volonté de marquer l’histoire culturelle de son pays. La vaste culture de l’homme, son goût raffiné et sélectif des beaux produits de culture expliquant le reste. Chez nous, le souci de bâtir une mythologie personnelle combinée à des soucis financiers qui ne doivent plus jamais se poser dans l’existence d’un homme explique beaucoup de choses. Sinon même l’essentiel. Les citoyens de ce pays savent maintenant à quoi à s’en tenir avec l’édification de la statue de la « Renaissance Africaine ». Les partis politiques aussi. Un débat national doit être instauré pour que chacun de nous exprime son opinion sur cet arbitraire sans nom. Un arbitraire qui vide de son sens et de sa signification profonde cette œuvre qui va coûter 15 millions d’euros aux Sénégalais Soit 9.825. 000.000 de FCFA. On savait que le pays marchait sur la tête. Seulement, à ce point, on pouvait encore douter. Aujourd’hui un tel doute n’est plus même permis même pour qui semble toujours disposé à donner un tant soit peu de crédit à ce régime. Abdou Latif COULIBALY lagazette.sn
Mercredi 15 Juillet 2009 – 14:18
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