Emiliano do REGO’s Weblog-Le blogue d’Emiliano do REGO

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Faire savoir la vérité et être à sa recherche tel est le but de mon blogue. Je vous invite donc à faire jaillir la vérité par chacune de vos interventions sur ce blogue que vous rendrez plus éclairant. Soyez les bienvenu(e)s.

Afrique de l’Ouest:Narcotrafiquants en crise ?

Narcotrafiquants en crise ?Narcotrafiquants en crise ?

Le nombre de saisies de drogue en provenance de la sous-région et à destination de l’Europe est en forte baisse.

La crise fait-elle baisser la consommation de cocaïne des Européens, ou les douaniers se montrent-ils très dissuasifs ? Selon le dernier rapport publié par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) le 7 juillet et intitulé « Trafics transnationaux et État de droit en Afrique de l’Ouest : une évaluation de la menace », le nombre de saisies de drogue en provenance d’Afrique de l’Ouest et à destination de l’Europe baisse sensiblement depuis deux ans. Interpol indique que, dans les aéroports européens, ce nombre est passé de 476 en 2007 à 330 en 2008, pour s’établir finalement à 56 au premier trimestre de 2009. De même, 11 saisies d’envergure ont été effectuées en 2007 dans la région, mais seulement 4 en 2008, et aucune depuis le début de 2009. Sur les 1 000 tonnes de poudre blanche annuellement produites dans le monde – dont 250 tonnes sont commercialisées en Europe –, seules 20 continueraient à transiter par l’Afrique de l’Ouest, soit une baisse du trafic d’environ 50 % depuis 2007.

Pour Antonio Mazzitelli, responsable de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest, plusieurs facteurs expliquent cette diminution du nombre des saisies. « Il y a d’abord des causes extérieures, explique-t-il, comme la baisse de la production, notamment en Colombie, et la multiplication des saisies, ainsi qu’une stagnation de la demande européenne. Et puis il y a des facteurs propres à l’Afrique de l’Ouest, comme les changements politiques en Guinée et en Guinée-Bissau, mais aussi au Ghana, où le nouveau président, John Atta Mills, a pris des mesures énergiques pour lutter contre les trafiquants et leurs éventuelles complicités gouvernementales. »

Les réseaux se réorganisent

L’embellie sera-t-elle durable ? Rien n’est moins sûr. Déjà les réseaux se réorganisent et cherchent de nouveaux points de transbordement pour leurs marchandises. En septembre-octobre 2008, au Togo, une filière projetant l’importation par avion de 2 tonnes de cocaïne a été démantelée. En mai 2009, au Pérou, un navire contenant une « grosse cargaison » a été arraisonné alors qu’il faisait route pour le Bénin. Enfin, la vente au détail de la drogue passant au travers des mailles du filet reste une activité particulièrement rentable : plus de 1 milliard de dollars…

« Si le problème de la drogue était résolu à un endroit, il pourrait se reproduire un peu plus loin, ou être simplement remplacé par d’autres activités illégales », analyse Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l’ONUDC. Parmi ces dernières, certaines sont moins déstabilisatrices pour les États que le narcotrafic, comme la contrebande de cigarettes en provenance d’Asie (775 millions de dollars), le trafic de médicaments venant d’Europe et d’Asie (438 millions), ou encore le trafic de femmes du Nigeria vers l’Europe (300 millions). En revanche, le détournement de la rente pétrolière nigériane reste très coûteux : on l’estime à près de 1 milliard de dollars.

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Toubon et compagnie, meilleurs amis du Congo de Nguesso

Liens:
[1] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iST-YG4vdrr3zksYstuInCk_nT1w
[2] http://www.lesafriques.com/afrique/la-france-veut-faire-de-2010-lannee-de-lafrique.html?Itemid=64?articleid=17387
[3] http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/xml/organe.asp?id_organe=xml/organes/392970.xml
[4] http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/xml/organe.asp?id_organe=xml/organes/392865.xml
[5] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hwKS7GnSe7UTSp-pQgjpVPR996lQ
[6] http://www.fidh.org/Congo-Brazzaville-Que-cherche
[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_disparus_du_Beach
[8] http://livre.fnac.com/a2000303/Anatole-Collinet-Makosso-L-affaire-des-disparus-du-Beach-de-Brazzaville?PID=1&Mn=-1&Mu=-13&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=0
[9] http://membres.lycos.fr/ocdh/infos.html
[10] http://www.rue89.com/tag/sassou-nguesso
[11] http://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_Sassou-Nguesso
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Filed under: Affairisme, Afrique, Congo-Brazzaville, SASSOU NGUESSO, corruption, sarkozy

Au Ghana, Obama n’a rien dit sur la Chine. Mais il y pensait très fort.

Serge Michel a écrit la ChinAfrique avec Michel Beuret. Marianne2 lui a demandé de commenter le discours de Barack Obama au Ghana et la façon dont les gouvernements et les opinions africaines, parfois séduites par la percée chinoise sur le continent, pouvaient recevoir cette ode à la démocratie.

Serge Michel est, avec Michel Beuret, l'auteur de Chine-Afrique (Grasset, 2008)
En quoi le discours d’Obama au Ghana est une réponse à la politique africaine chinoise ?
En articulant la question de la gouvernance et la responsabilité des gouvernements africains, Barack Obama a introduit une alternative à la politique de la Chine de façon subtile sans la lourdeur du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar en juillet 2007.
Serge Michel : « L’histoire, a-t-il dit, n’est pas du côté de ceux qui changent la constitution pour rester au pouvoir. » Il arrive ainsi à enfoncer un coin entre les populations et les gouvernements. La Chine soutient inconditionnellement les régimes et ne considère ni la société civile, ni l’opposition politique, ni les groupes rebelles quand ils existent.
Est ce que cette offre politique présente une quelconque crédibilité vis à vis de celle de la Chine et de celle d’autres pays émergents comme le Brésil, la Russie ou l’Inde qui eux non plus ne conditionnent pas leur aide économie ?
Serge Michel : Il est vrai que les Etats-Unis ont un retard assez considérable. Ils reviennent en Afrique alors que la Chine a beaucoup avancé ses pions et qu’elle est très bien implantée. De nombreux gouvernements africains bénéficient d’un soutien matériel de la part de la Chine. Obama propose une alliance avec des gouvernements vertueux sans pour autant jeter l’opprobe sur les autres. Il a aussi déclaré que l’Afrique n’avait pas besoin de grands hommes, mais qu’elle avait besoin d’institutions. Il veut s’appuyer sur une Afrique de la bonne gouvernance.
Un élément m’a fait sourire : il a mentionné le nom d’un journaliste ghanéen Anas Aremeyaw Anas en disant qu’il avait risqué sa vie pour relater la vérité. Or, ce » dernier a été élu journaliste de l’année dans le pays en raison d’une grande enquête – Inside the Chinese sex mafia – sur réseau de prostitution de femmes chinoises Ghana et au Nigeria. Elle a permis l’arrestation d’une bande de criminels chinois. Sa thèse est que l’ambassade de Chine était au courant de ce commerce. La Chine est présente au Ghana à travers un investissement important pour la construction d’un barrage. Barack Obama souligne ainsi astucieusement que la présence chinoise n’a pas que des avantages.

Le discours sur la démocratie a-t-il encore une chance d’être entendu en Afrique ?
Serge Michel : « La démocratie ça ne se mange pas », nous avait confié un ministre congolais au cours d’une scène que nous avons retracé dans notre livre. En réalité, Obama propose une troisième voie au-delà de celle des Occidentaux jusqu’à maintenant, qui est moraliste pour mieux cacher un certain désengagement (« on ne vous financera pas ce barrage parce que vous n’appliquez pas les règles de bonne gouvernance ») et de celle des Chinois, qui est pragmatique, voire cynique (« on vous finance ce barrage, et on le construit mais avec nos ouvriers, vous nous remboursez en pétrole en dessous du prix mondial ») . Obama tente de mettre le peuple africain au centre du discours, à l’inverse de la Chine qui s’adresse exclusivement aux gouvernements. Il a d’ailleurs utilisé des termes très proche du concept de « win-win » qui est central dans la propagande chinoise. Cette expression a brouillé les esprits. Elle signifie implicitement que la relation post-coloniale était fondée sur « win-lose ». Obama, lui, utilise les termes de partenariat et de respect mutuel.

Oui mais ce discours aurait-il une portée sans l’annonce, dans le même discours, des milliards de dollars d’aide ?
Serge Michel : Obama n’a cité qu’un seul chiffre – 63 milliards de dollars – qui concerne des programmes de santé. Il compense cependant la modestie des annonces financières par une très grande précision dans la description des maux de la corruption et des outils pour la combattre. A chaque instant, il semble dire aux Africains : « Je sais exactement ce que vous vivez et je sais comment améliorer ça, mais alors il faut me suivre ».
Il s’adresse à une Afrique vertueuse qu’il souhaite détacher des Etats les plus corrompus comme le Zimbabwe ou le Soudan, comme si, au fond, il traçait une ligne de partage : les Etats-voyous tomberont dans l’escarcelle chinoise ; les autres, ceux qui ont un bel avenir, ceux qui croient à la démocratie et lutteront contre la corruption, ceux-là seront nos frères égaux dans un monde meilleur.
Pour appuyer son discours, il rappelle ses liens personnels avec l’Afrique, parle abondamment des Noirs américains et même du voyage de Martin Luther King au Ghana en 1957. A mon avis, le message sous-titré est que le lien entre Africains et Américains est bien plus naturel et plus étroit que celui qui lie les Africains et les Chinois, lesquels parlent de fraternité parce que les deux peuples ont en commun l’expérience d’avoir été colonisés, mais ont de la peine à fraterniser vraiment, sur le terrain, au quotidien.
Finalement, le discours du Président me paraît très séduisant. Quand Sarkozy parlait à Dakar, déclenchant une polémique violente, on avait l’impression que l’Afrique était perdue pour l’occident. Mais lorsqu’Obama parle aux Africains, on reprend espoir d’un avenir partagé entre les occidentaux et les Africains.

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3 milliards de dollars

Par : François Soudan -

En l’espace de trois jours, du 9 au 11 juillet, Barack Obama aura rencontré le meilleur et le pire de l’Afrique. Le meilleur, ce fut bien sûr sa visite à Cape Coast, la Gorée anglophone, et à Accra, capitale d’un Ghana exemplaire qui en est à sa cinquième passation de pouvoir démocratique depuis 1992. Dans un entretien accordé il y a quelques jours au site privé américain Allafrica, Obama a tenu à préciser les raisons d’un choix qui, compte tenu de son immense popularité sur le continent (elle égale presque celle de Mandela), a fait beaucoup de jaloux. Pourquoi le Ghana ? « Parce qu’il faut, dit-il, mettre en exergue les bons modèles. » Et de marteler ce qui, selon lui, est la voie à suivre : « Il n’y a pas d’excuses à la mauvaise gouvernance et à la corruption… Si les dirigeants eux-mêmes exigent comme préalable 10 %, 15 % ou 25 % de commission, qui viendra investir dans ces conditions ? Il est très important que les dirigeants africains assument leurs responsabilités et soient obligés de rendre des comptes. Les Africains sont responsables de l’Afrique. » Ces phrases, il faut être Barack Obama pour oser les dire sans craindre d’être accusé de paternalisme méprisant. De lui, on accepte la leçon…

Ghana côté pile, Kaddafi côté face. Avant de s’envoler pour le continent de ses ancêtres, B.O. n’a pu éviter de saluer M.K. Cela s’est passé fortuitement, en marge du sommet du G8 en Italie, auquel le « Guide », président en exercice de l’Union africaine, était un invité en quelque sorte obligé. À en juger par les images, c’est le Libyen qui a provoqué cette rencontre, et on le comprend : jamais, en quarante ans de pouvoir, il n’avait serré la main d’un président américain ! Une poignée à 3 milliards de dollars (le montant des compensations versées par la Libye aux familles des victimes de Lockerbie) pour celui qui, si l’on s’en tient aux critères retenus par Barack Obama, n’est pas pour l’Afrique le modèle, mais l’antimodèle…
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Facebook fait de la politique

Le web est devenu un outil de propagandeLe web est devenu un outil de propagande© DR

Les internautes africains deviennent accros des réseaux sociaux. Certains utilisent même le Web comme outil de propagande politique. Ainsi, le célèbre site est devenu un lieu privilégié pour faire campagne dans le cyberespace.

C’est « le livre des visages », celui où chacun peut exposer sa vie, qu’il soit inconnu ou très connu. Du bachelier de Ouaga à l’étudiante d’Ispahan, du commerçant de Katiola au chef de l’État américain, il est de bon ton d’avoir son « profil » en ligne. Aujourd’hui, plus de 200 millions de personnes ont investi ce réseau social et en ont fait le deuxième site le plus visité au monde derrière YouTube et devant Myspace.

Entièrement gratuit, Facebook repose sur un principe simple : la possibilité donnée à n’importe qui de créer un « espace personnel », le fameux « profil ». Ce dernier peut accueillir des commentaires, des photos, des vidéos, des carnets de voyages ou toute forme de documents téléchargeables sur la toile, offerts en partage à des millions d’autres internautes. Son but : rapprocher les gens, trop occupés à tapoter sur leur clavier d’ordinateur pour avoir le temps de se rencontrer dans le monde réel. L’accès est finalement assez simple : il faut d’abord maîtriser quelques mots nouveaux comme « bloguer » (écrire des textes), « chatter » (échanger en temps réel avec ses amis), « poker » (signaler sa présence). Ensuite, apprendre quelques gestes techniques pour mettre en ligne ses dernières photos ou une vidéo. Le site permet de constituer des groupes d’amis – réels ou virtuels – ou de rassembler des gens qui ont les mêmes centres d’intérêt.

Au-delà du fait d’abolir les frontières, ce réseau s’avère être un formidable outil de mobilisation, voire de propagande politique. Les groupes de fans partagent ainsi un intérêt pour une même cause ou se mobilisent autour d’une même personnalité. Du militant politique au défenseur des animaux en passant par les inconditionnels de la pelote basque, ils sont plus de 10 millions à avoir rallié ces espaces d’expression. « Obama a su utiliser très intelligemment Internet, particulièrement Facebook, pour remporter les élections aux États-Unis », estime le Béninois Ernest Coovi Adjovi, le fondateur des Kora All Africa Music Awards, qui possède son propre espace avec 400 participants. « Cet outil a été déterminant dans la mobilisation autour de sa candidature. »

En Afrique, le Web deviendrait-il également l’accompagnateur indispensable des campagnes présidentielles ? Sans avoir le même succès que celui du nouveau président américain, lequel, avec plus de 7 millions de fans, bat tous les records d’affluence, Facebook est, en tout cas, l’endroit où il faut être si l’on veut jouer la carte de la propagande dans le cyberespace.

Baromètre de popularité

Facebook donne un aperçu des débats en vigueur dans plusieurs pays tout en révélant la popularité de certaines personnalités. Les États qui affichent encore un faible taux de connexions, comme le Niger, le Burkina ou la Guinée (le président Moussa Dadis Camara ne compte qu’une poignée de supporteurs sur la Toile), sont peu visibles sur Facebook. En revanche, en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou au Bénin, ils sont de plus en plus nombreux, candidats déclarés ou non à un scrutin, à comprendre tout le potentiel de ce site.

D’où la nécessité d’y être présent, de mobiliser autour de son nom et d’utiliser sa vie privée comme une carte de visite potentiellement consultable par toute la planète. « Je ne suis absolument pas gêné d’étaler ma vie privée. Je revendique ainsi mon droit à la liberté de vivre comme tout un chacun », résume Ernest Coovi Adjovi, qui ne cache pas ses ambitions politiques dans son pays, le Bénin. Le dynamisme des diasporas fait de Facebook un site très prisé des Africains, particulièrement des jeunes et des élites, même si le continent ne compte que 2 millions d’inscrits, dont une majorité en Afrique du Sud.

L’approche d’un scrutin révèle un véritable engouement. Elle provoque même un formidable déchaînement. En ordre de bataille, les militants créent des « forums de discussion » ou des « groupes de fans » pour inviter telle ou telle personnalité à descendre dans l’arène politique. L’exemple le plus emblématique est celui du président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), le Béninois Abdoulaye Bio Tchané. Près de 200 personnes ont rejoint le groupe de ses cyberpartisans, « Abdoulaye Bio Tchané pour un Bénin prospère en 2011 », créé par des jeunes intellectuels favorables à la candidature de l’ancien directeur Afrique au Fonds monétaire international (FMI) à la prochaine présidentielle au Bénin.

« Cela fait trois ans que Yayi Boni est au pouvoir et les espoirs que le peuple a placés en lui sont loin d’être satisfaits », estiment-ils. Ce lobbying déplaît d’autant moins à l’intéressé que celui-ci n’hésite pas à attaquer ouvertement le président Yayi sur sa page Facebook.

Chacun compte ses fans

Parmi les dirigeants africains, Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville, a cinq pages à son nom, Nelson Mandela en compte plusieurs dizaines, alors que Jacob Zuma est très discret sur le réseau. Au Togo, le président Faure Gnassingbé apparaît sur Facebook alors que l’opposant de toujours, Gilchrist Olympio, en est absent. Les morts ont parfois plus de succès que les vivants : ainsi l’ex-révolutionnaire Thomas Sankara (décédé en 1987) ne compte pas moins de sept « profils » à son nom, avec photo de lui en jeune capitaine, alors que le président Blaise Compaoré n’a, lui, pas encore de page. À noter cependant que n’importe qui peut ouvrir une page sous n’importe quel nom. Les utilisateurs ne sont pas toujours ceux que l’on attend. Un « jeune » de la politique comme Guillaume Soro, actuel Premier ministre ivoirien, n’a pas de page personnelle. Les candidats à la présidentielle, en revanche, ont tous leurs réseaux de soutien sur Facebook. Les multiples groupes de fans et les 740 « supporteurs » d’Alassane Dramane Ouattara (contre 600 pour le président Laurent Gbagbo et 437 pour Henri Konan Bédié) estiment que l’ancien Premier ministre d’Houphouët-Boigny est « le seul qui peut relever la Côte d’Ivoire au niveau qui est le sien ». À l’écart de la campagne, Charles Konan Banny conserve un réel capital de sympathie. Son fan-club compte 180 membres. L’un des outsiders de l’élection, l’ancien directeur des Douanes, Gnamien Konan, revendique 600 membres.

Au Sénégal, Facebook est devenu une vitrine de la culture démocratique. Le groupe « Idrissa Seck-Next President », qui soutient l’ancien Premier ministre, compte des dizaines de membres. Autre ancien locataire de la primature, Macky Sall peut, lui aussi, tester sa popularité. « L’heure est grave pour notre cher Sénégal ! Pincez tous vos koras et frappez les balafons, l’heure du combat pour un Sénégal libre et démocratique a sonné », lit-on en guise d’introduction de son groupe de fans « Macky Sall-Apr-Yaakaar 
Travail-Solidarité-Dignité-2012 », qui compte déjà 300 signatures.

Mais ce sont les débats autour d’une possible candidature de Karim Wade qui déchaînent le plus les passions sur Facebook. Si le fils d’Abdoulaye Wade possède des dizaines de soutiens (« Karim Wade, futur président », « Karim Wade 2012 », etc.), ses opposants sur le Web sont encore plus nombreux. À eux seuls, les groupes « Non à Karim Wade président » dénombrent plus de 1 300 membres.

Vitrine du militantisme, Facebook est également celle de l’actualité africaine. Les 1 600 supporteurs d’Omar Bongo Ondimba ont suivi avec attention l’évolution de l’état de santé du président gabonais au cours du mois de mai. Sur la page « Long Live Omar Bongo ! », les autorités gabonaises sont elles-mêmes montées au créneau pour dénoncer une « campagne de démolition » du doyen des chefs d’État africains jusqu’à son décès dans une clinique de Barcelone le 8 juin dernier. « Le Gabon, havre de paix, est très convoité par les colporteurs de zizanie », affirmait début juin l’une des membres.

Si on ignore encore l’influence réelle de Facebook sur le terrain en Afrique, l’important est de vivre avec son temps et d’être au diapason de son époque. « Personnellement, je ne pourrais plus voter pour un candidat africain qui ne comprendrait pas l’importance d’Internet. Pire : qui ne saurait pas s’en servir », conclut Adjovi.

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Michael Jackson et l’Afrique

Michael Jackson et l’Afrique

Michaël Jackson et Nelson MandelaMichaël Jackson et Nelson Mandela© DR

Michael Jackson s’est éteint jeudi à Los Angeles (Etats-Unis) à l’âge de 50 ans. Au cours de sa carrière, le roi de la pop avait développé des liens spéciaux avec l’Afrique.

La star internationale Michael Jackson vient de disparaitre subitement ce jeudi, au centre hospitalier universitaire de la ville de Los Angeles, à l’âge de 50 ans, provoquant l’émoi parmi des millions de fans du monde entier.

Avec Michael Jackson, disparait également un artiste qui avait développé des relations particulières avec l’Afrique. Par delà les différentes formes d’attraction et de relations particulières entre les fans africains et la star mondiale de la pop musique, c’est surtout l’impulsion de Michael Jackson dans la défense des causes africaines que l’on retiendra.

“We are the world”

En janvier 1985, au milieu d’une famine aiguë en Afrique, Michael Jackson prit la décision avec d’autres célébrités musicales de démarrer la campagne de collecte de fonds pour venir en soutien au continent d’où sont originaires ses ancêtres. Cette volonté prendra les formes d’une chanson devenue mythique intitulée “We are the world”, “Nous sommes l’humanité”, en français .

Cet opus avait pour ambition d’une part de réunir des fonds pour lutter contre la famine en Afrique mais également de renforcer le sentiment d’urgence d’aider ceux qui souffrent à travers le monde, selon les mots de Quincy Jones, le producteur de cet album.

Cette chanson écrite par Michael Jackson et Lionel Richie et enregistrée en 1985 à Los Angeles avec la participation de célébrités comme Bruce Springsteen, Tina Turner, Steve Wonder, Diana Ross, Ray Charles, entre autres, restera comme une illustration de l’implication de Michael Jackson dans les causes africaines.

Tour d’Afrique

Au terme de cette aventure musicale, marquée par des concerts, plusieurs centaines de millions de dollars avaient été collectés au bénéfice de l’Afrique, malgré des controverses de tous ordres.

Par delà l’opération d’aide aux victimes de la famine en Afrique, Michael Jackson a également visité de nombreux pays africains, en compagnie de ses frères et sœurs comme le Sénégal, le Gabon, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie, notamment, au cours d’une tournée marathon au début des années 90.

Cette tournée aura légué à la postérité cette cérémonie au cours de laquelle, dans la bourgade de Krindjabo, le chef traditionnel des Agnis de Côte d’ivoire, avait decerné à un Michael Jackson, très ému, un titre de noblesse, sous l’arbre sacré des Agnis.

Lutte contre le sida en Afrique

En avril 2004, Michael Jackson se rend au Capitole, à Washington, pour tenter de remobiliser la communauté internationale et les législateurs américains dans la lute contre le SIDA en Afrique, malgré une polémique sur le timing de cette visite.

Au cours de cette visite, il avait reçu une distinction de la part de l’association des épouses des ambassadeurs africains accrédités à Washington. Michael Jackson restera certes un homme très controversé, mais également un artiste qui a restitué à la musique noire américaine ses lettres de noblesse durant de nombreuses décennies.

Vidéo de Michael Jackson en Afrique en 1992

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Michael Jackson et l’Afrique

Michael Jackson et l’Afrique

Michaël Jackson et Nelson MandelaMichaël Jackson et Nelson Mandela© DR

Michael Jackson s’est éteint jeudi à Los Angeles (Etats-Unis) à l’âge de 50 ans. Au cours de sa carrière, le roi de la pop avait développé des liens spéciaux avec l’Afrique.

La star internationale Michael Jackson vient de disparaitre subitement ce jeudi, au centre hospitalier universitaire de la ville de Los Angeles, à l’âge de 50 ans, provoquant l’émoi parmi des millions de fans du monde entier.

Avec Michael Jackson, disparait également un artiste qui avait développé des relations particulières avec l’Afrique. Par delà les différentes formes d’attraction et de relations particulières entre les fans africains et la star mondiale de la pop musique, c’est surtout l’impulsion de Michael Jackson dans la défense des causes africaines que l’on retiendra.

“We are the world”

En janvier 1985, au milieu d’une famine aiguë en Afrique, Michael Jackson prit la décision avec d’autres célébrités musicales de démarrer la campagne de collecte de fonds pour venir en soutien au continent d’où sont originaires ses ancêtres. Cette volonté prendra les formes d’une chanson devenue mythique intitulée “We are the world”, “Nous sommes l’humanité”, en français .

Cet opus avait pour ambition d’une part de réunir des fonds pour lutter contre la famine en Afrique mais également de renforcer le sentiment d’urgence d’aider ceux qui souffrent à travers le monde, selon les mots de Quincy Jones, le producteur de cet album.

Cette chanson écrite par Michael Jackson et Lionel Richie et enregistrée en 1985 à Los Angeles avec la participation de célébrités comme Bruce Springsteen, Tina Turner, Steve Wonder, Diana Ross, Ray Charles, entre autres, restera comme une illustration de l’implication de Michael Jackson dans les causes africaines.

Tour d’Afrique

Au terme de cette aventure musicale, marquée par des concerts, plusieurs centaines de millions de dollars avaient été collectés au bénéfice de l’Afrique, malgré des controverses de tous ordres.

Par delà l’opération d’aide aux victimes de la famine en Afrique, Michael Jackson a également visité de nombreux pays africains, en compagnie de ses frères et sœurs comme le Sénégal, le Gabon, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie, notamment, au cours d’une tournée marathon au début des années 90.

Cette tournée aura légué à la postérité cette cérémonie au cours de laquelle, dans la bourgade de Krindjabo, le chef traditionnel des Agnis de Côte d’ivoire, avait decerné à un Michael Jackson, très ému, un titre de noblesse, sous l’arbre sacré des Agnis.

Lutte contre le sida en Afrique

En avril 2004, Michael Jackson se rend au Capitole, à Washington, pour tenter de remobiliser la communauté internationale et les législateurs américains dans la lute contre le SIDA en Afrique, malgré une polémique sur le timing de cette visite.

Au cours de cette visite, il avait reçu une distinction de la part de l’association des épouses des ambassadeurs africains accrédités à Washington. Michael Jackson restera certes un homme très controversé, mais également un artiste qui a restitué à la musique noire américaine ses lettres de noblesse durant de nombreuses décennies.

Vidéo de Michael Jackson en Afrique en 1992

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Omar Bongo, Elf et la France : le pacte de corruption

Liens:
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Zaki_Yamani
[2] http://www.rue89.com/files/2009_06_12_lettres_bongo_elf.pdf
[3] http://asset.rue89.com/files/2009_06_12_lettres_bongo_elf.pdf
[4] http://asset.rue89.com/files/2009_06_12_lettre_elf_bongo.pdf
[5] http://asset.rue89.com/files/2009_06_12_lettre_elf_bongo.pdf
[6] http://asset.rue89.com/files/2009_06_12_lettres_bongo_divers.pdf
[7] http://asset.rue89.com/files/2009_06_12_lettres_bongo_divers.pdf
[8] http://asset.rue89.com/files/2009_06_12_lettres_bongo_divers.pdf
[9] http://asset.rue89.com/files/2009_06_12_lettres_bongo_divers.pdf
[10] http://www.rue89.com/2009/06/10/trouvez-qui-sont-les-meilleurs-amis-domar-bongo
[11] http://www.rue89.com/2009/06/08/la-mort-domar-bongo-pilier-de-la-francafrique
[12] http://www.rue89.com/2007/07/27/bongo-et-la-france-quarante-ans-de-mauvais-coups
[13] http://www.rue89.com/2008/02/29/sarkozy-va-t-il-vraiment-chambouler-la-francafrique
[14] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/la-loi-du-sang_765877.html#xtor=AL-447

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L’Afrique malade du tabac

De plus en plus de gouvernements interdisent de fumer dans les lieux publicsDe plus en plus de gouvernements interdisent de fumer dans les lieux publics© AFP

Par Fabienne Pompey, avec Faïza Ghozali, Philippe Perdrix et Leïla Slimani

Abidjan, 15 mai 2009. Nouvel aéroport, climatisé, impeccablement tenu. Au bar, deux hommes sont attablés autour d’un café, en attendant d’embarquer. Les volutes de fumée de leurs cigarettes s’élèvent lentement, au-dessus de leur tête, vers l’autocollant « interdit de fumer ». Dans l’indifférence générale. Aérogare de Johannesburg, 31 décembre 2000. Les voyageurs en manque s’en grillent une en attendant leurs bagages. 1er janvier 2001, même endroit : plus un seul mégot ! Plus une cigarette, non plus, dans les lieux publics, les restaurants et les bars. En vingt-quatre heures, les Sud-Africains, pourtant gros consommateurs, ont accepté et appliqué à la lettre les nouvelles dispositions antitabac.

Ils ne sont pas nombreux les pays africains qui ont une politique aussi efficace en matière de lutte contre le tabagisme. La plupart des « bons élèves », selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sont en Afrique australe (voir pp. 26-27). Il faut dire qu’on ne badine pas avec la loi en Afrique du Sud. Dans un pays où la criminalité est la plus élevée au monde, il s’est trouvé immédiatement des policiers prêts à verbaliser les fumeurs récalcitrants. Moins dangereux que les malfrats… Ainsi, un jeune homme qui en grillait une quelques jours après l’entrée en vigueur de la loi dans l’enceinte du palais de justice de Johannesburg a été arrêté et… emprisonné. Le malheureux n’avait pas de quoi payer les quelques rands d’amende. C’est un fumeur compatissant, entendant son histoire à la radio, qui est allé payer sa caution. Depuis, personne ou presque n’est verbalisé, la loi étant globalement bien respectée.

Législations peu appliquées

C’est loin d’être le cas partout. Le Niger, cité en exemple pour avoir été le premier pays en Afrique subsaharienne à adopter une législation très complète, est aujourd’hui à la traîne. « Il n’y a aucun moyen pour imposer les nouvelles réglementations. Les pouvoirs publics n’ont pas inscrit la lutte contre le tabagisme parmi leurs priorités. Il n’en est même pas question dans le plan national de développement sanitaire », se plaint Sanoussa Saouna, président de l’association nigérienne SOS Tabagisme.

Même chose au Maroc, qui a interdit de faire de la publicité pour le tabac et de fumer dans les lieux publics, mais où la législation reste peu appliquée. Résultat, 31 % des hommes fument et 15 % des jeunes consomment du tabac, sous diverses formes, notamment la chicha et les joints de cannabis. Le narguilé, depuis longtemps populaire en Tunisie ou au Maroc, est de plus en plus prisé en Algérie, où ce mode de consommation séduit les jeunes et en particulier les filles. « C’est un produit associé à la convivialité. Or une chicha, c’est l’équivalent de 40 cigarettes », explique le professeur Hichem Aouina, pneumologue, membre de la Commission nationale tunisienne de la lutte contre le tabagisme.

Au Maghreb, la Tunisie est en pole position tabagique et traverse, en fait, la période qu’ont connue les pays avancés il y a vingt ou trente ans. Signe inquiétant, l’âge de la première cigarette. « À 13 ans, la prévalence tourne autour de 10 % », indique le professeur Aouina. La Tunisie a décrété 2009 « année nationale de lutte contre le tabagisme » : le prix des cigarettes a augmenté et l’interdiction de fumer dans les lieux publics, promulguée il y a plus de dix ans, est enfin appliquée. Pas moins de 7 000 procès-verbaux ont été établis depuis le début de l’année.

Rien à voir avec le Maroc et l’Algérie. « Le seul endroit où la clope est interdite en Algérie, c’est l’avion », ironise un fumeur algérien. Les lois ont pour la plupart été adoptées, mais en général ne sont pas respectées. Il n’est pas rare de voir encore des médecins en blouse blanche circuler dans les couloirs d’hôpitaux cigarette aux lèvres. Le professeur Hamid Cherif planche avec un groupe d’experts sur un programme national de lutte. « Il faut une véritable volonté politique. Si le gouvernement ne s’implique pas, ce sera un gâchis », pronostique-t-il.

Le problème est un peu le même partout. Les États africains ont dans leur grande majorité adhéré à la convention cadre pour la lutte antitabac de l’OMS, mais sa mise en œuvre et son application traînent. « Nous n’aurons pas de véritables politiques nationales tant que les bailleurs de fonds n’apporteront pas de l’argent. Exemple avec le sida : les pouvoirs publics ont commencé à s’y intéresser quand l’aide internationale est arrivée », estime Sanoussa Saouna.

Certains gouvernements affichent tout de même une certaine volonté. Le Nigeria (418 000 dollars par an), le Ghana (257 000 dollars), l’Afrique du Sud (221 000 dollars) et le Tchad (100 000 dollars) sont ceux qui y consacrent les sommes les plus importantes, selon une étude. Le Sénégal emploie 8 personnes, la Côte d’Ivoire 6 et le Nigeria 58, pour des résultats finalement assez médiocres, si l’on en croit l’OMS.

Cette déplorable frilosité peut aussi s’expliquer par la manne financière que les États récupèrent à travers la fiscalité. Les pays à bas revenus qui ont transmis des données à l’OMS perçoivent en moyenne grâce à la cigarette 7 dollars par habitant et dépensent moins d’un dixième de cent par personne pour la lutte antitabac. Dans le monde, les taxes sur le tabac représentent quelque 200 milliards de dollars par an. En Algérie, par exemple, la Société nationale des tabacs et allumettes est le deuxième contributeur du pays. Pas facile non plus de lutter contre les puissants et fortunés cigarettiers. Au Niger, SOS Tabagisme en est à son deuxième procès. L’ONG a gagné le premier en 2002 contre Imperial Tobacco. Sous le couvert d’un concert de l’artiste ivoirien Alpha Blondy, cette société avait assuré la promotion de l’une de ses marques. Après une victoire en référé, une procédure d’urgence, toute la campagne de promotion a été stoppée.

Publicité sournoise

Cette année, l’association s’en prend aux trois grands : Philip Morris, British American Tobacco et Imperial Tobacco pour non-respect des lois antitabac, en particulier celles interdisant la promotion. « Ils continuent à faire de la publicité mais de façon sournoise. Et s’ils font quelques efforts dans les villes, rien n’a changé dans les zones rurales », assure Saouna. Pour ce nouveau procès, l’ONG a obtenu l’aide de la fondation américaine Bloomberg, qui finance les honoraires de l’avocat en charge du dossier. « C’est déjà pas mal, mais ce n’est pas grand-chose par rapport à nos adversaires, qui ont les moyens de se payer les meilleurs cabinets du pays », commente l’activiste nigérien.

Si l’OMS a récolté le plus de données possible, il est encore difficile d’évaluer l’impact des politiques de sensibilisation. « Les choses changent malgré tout », estime le docteur Patrick Musavuli, membre du conseil d’administration de l’Alliance pour le contrôle du tabac en Afrique et président de l’Association congolaise contre le tabagisme. « Les jeunes sont mieux informés des dangers liés à cette addiction, ajoute-t-il. Il faut cependant regretter qu’aucun accompagnement au sevrage ne soit soutenu par les pouvoirs publics. »

Dans la plupart des pays africains, les patchs et autres formes de substituts nicotiniques ne sont disponibles que dans quelques points de vente et, de toute façon, hors de portée de la plupart des porte-monnaie. En Côte d’Ivoire, par exemple, le premier prix d’un paquet de cigarettes est de 700 F CFA, alors que la boîte de 36 gommes à mâcher à la nicotine coûte 4 000 F CFA. Aucune compagnie d’assurance-maladie ne prend en charge les frais de sevrage. En Tunisie, un traitement au Champix, un antidépresseur réputé pour faciliter le sevrage, coûte 125 dinars (66 euros) par mois, la moitié d’un smic.

Pas étonnant dans ces conditions que les fumeurs les plus réguliers se trouvent parmi les populations les plus pauvres. En Algérie, le professeur Hamdi Cherif a même noté un retour de la chemma, le tabac à chiquer. En Afrique australe, le tabac à priser connaît un franc succès. La consommation, sous toutes ses formes, n’est nulle part aussi aisée que sur le continent africain. À toute heure, dans quasiment tous les quartiers des grandes villes, mais aussi dans les villages les plus reculés, un « tablier » (vendeur ambulant) travaille ou une boutique est ouverte. Dans certains pays, comme l’Afrique du Sud, des restaurants et des bars, même non-fumeurs, ont encore des distributeurs automatiques. Vendue à l’unité, au « bâton » ou à la « tige », pour quelques centimes, la « clope » est le produit le mieux distribué. Plus facile à trouver qu’un comprimé de Nivaquine.

Cancers en hausse

« Lorsque j’étais pneumologue à N’Djamena, j’avais, en 1989, un cas de cancer du poumon tous les deux mois ; en 1999, nous en étions déjà à quatre à cinq cas par mois », se souvient le docteur Jean-Pierre Baptiste, aujourd’hui en charge du programme régional de lutte contre le tabagisme à l’OMS. Même tendance en Tunisie, où, selon Wilded Ben Ayoub, le cancer du poumon arrive en tête des cancers chez les hommes. « Et d’ici à 2024, il y en aura quasiment quatre fois plus qu’aujourd’hui », prévoit cette tabacologue qui tient une consultation gratuite à l’institut Salah Azaïz de Tunis. De moins bonne qualité, les cigarettes vendues en Afrique ont souvent une plus forte teneur en nicotine et en goudron. Elles sont donc plus addictives et plus dangereuses, selon l’OMS. Pas de quoi être optimiste. « Il faut agir maintenant pour ne pas atteindre les niveaux de consommation des pays du Nord, avertit Jean-Pierre Baptiste. L’Afrique n’est qu’au début de l’épidémie. »

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Elf au service de l’Etat français

« UNE AFRIQUE SOUS INFLUENCE »


PILIER de l’influence de Paris en Afrique, le groupe pétrolier Elf Aquitaine étend ses réseaux depuis quarante ans sur le continent noir et dans la politique française. Un véritable système d’ingérence financière et politique s’est ainsi constitué. Cette activité, encore mystérieuse, fait l’objet d’investigations judiciaires, et l’ancien « chargé des affaires générales » d’Elf, M. Alfred Sirven, est en fuite. Des perquisitions ont été effectuées au siège parisien de la banque africaine du groupe, la Fiba.

Par Olivier Vallée

Rarement trois lettres auront tant fait parler d’elles, si ce n’est les sigles de la CIA ou du KGB. C’est d’ailleurs dans ces eaux de l’« intelligence » autant que dans celles de l’off-shore que plonge le documentaire « Une Afrique sous influence », réalisé pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte (1) sur le groupe pétrolier français Elf Aquitaine. Le film commence avec le deuil français du pétrole saharien en 1962. De Georges Clemenceau au général de Gaulle, l’ambition d’un approvisionnement sous pavillon national hante Paris. Le miracle gabonais va offrir à la France gaullienne les moyens de ses ambitions, loin des concessions qu’il faut négocier avec les Anglo-Saxons dans les terres réservées du Proche-Orient.

C’est dans ce contexte, et à la suite de plusieurs fusions d’établissements divers, que naîtra en 1965 Elf Aquitaine, une appellation qui fleure bon le terroir. Mais la province pétrolière du Gabon, comme le reste de l’Afrique postcoloniale, sera secouée dans les années 1960 par la contestation de la rue et l’impatience des militaires. D’où l’entrée en scène des hommes des services secrets – comme MM. Maurice Robert, Robert Maloubier et d’autres, tous témoins passionnants de ce documentaire – qui « verrouillent » en première ligne la garde présidentielle, mais surtout le système politique et économique de la rente pétrolière.

Ces nouveaux légats choisissent un « correspondant », M. Omar Bongo. Leur credo, c’est l’ordre et la stabilité dont a besoin « l’émir de la République », Pierre Guillaumat, premier directeur du groupe pétrolier et homme-clé du gaullisme (2). L’élite des ingénieurs va se reposer sur le clan des hommes des services pour gérer l’imprévisible, l’impondérable, bref ce que les équations ne peuvent encadrer. Les nominations, les expulsions, la surveillance, la délation deviennent les missions d’une partie du Service de documentation et de contre-espionnage (Sdece), alors en pleine « gabonisation ». Les fonctionnaires du renseignement deviennent peu à peu – et officiellement – les contractuels de la société pétrolière Elf. D’une prétention nationale à sécuriser un pétrole vital pour la métropole, on passera à une logique de domination des réseaux politiques africains pour limiter tout risque de concurrence ou de remise en cause d’accords commerciaux avantageux pour Elf.

A partir de sa plate-forme gabonaise, Elf et son clan déploient une politique à l’échelle de l’ensemble du continent africain dans les années 60 et 70, en symbiose avec Jacques Foccart, conseiller africain de l’Elysée. On peut citer en particulier l’aventure du Biafra, qui devait compromettre les intérêts de Shell et de BP au Nigeria – elle n’empêchera pas M. Robert Maloubier, comme il l’explique devant les caméras, d’apprécier à Lagos la vodka de celui qu’il nomme le commissaire politique de l’ambassade d’Union soviétique…

Président du groupe au début des années 1980, M. Albin Chalandon ébranle peu ce système qui, en toute bonne conscience, pense qu’il sert fidèlement deux maîtres, l’Etat et Elf. Les serviteurs de la République s’accrochent de toute façon aux privilèges de l’or noir : c’est de mauvaise grâce qu’ils font place aux spécialistes de la politique et de la finance, qui veulent prendre le relais des espions et des baroudeurs. Dans cette guerre intérieure, ils seront aidés par le président Bongo, qui, ressources du pétrole aidant, a peu à peu conquis son autonomie à l’égard de ceux qui se croyaient ses mentors. M. Chalandon mise d’ailleurs davantage sur M. Denis Sassou N’Guesso, le successeur de M. Marien Ngouabi à la tête du Congo-Brazzaville, et sur le développement d’un coûteux champ pétrolifère congolais, Emeraude.

Le clan des « Gabonais » se fond alors dans les services et se réfugie dans le gaullisme d’outre-mer, non sans se rapprocher de l’extrême droite. Il garde la confiance des dirigeants d’Elf pour l’Afrique et celle des chefs d’Etat du golfe de Guinée. La distribution des prébendes à la classe politique française – dont l’affaire Roland Dumas constitue l’un des épisodes les plus récents et les plus connus – lie, pendant la « génération Mitterrand », Paris aussi bien que Brazzaville ou Yaoundé. L’ex-président du Conseil constitutionnel expliquera d’ailleurs une partie des importantes sommes en liquide dont il disposait par des honoraires versés par le président Bongo.

Dès le début des années 80, le politologue Jean-François Bayart évoque ces « métastases » africaines qui commencent à proliférer dans le corps politicien de la France. A cette époque, les agents de l’ombre d’Elf se consacrent d’ailleurs beaucoup plus à des montages financiers à partir d’Elf Aquitaine International, filiale suisse du groupe ins tallée à Genève, qu’à la formation de prétoriens ou à la lutte contre les compagnies rivales. L’enjeu : conserver la formidable rente africaine pour ouvrir de nouveaux horizons à la société pétrolière, des zones prometteuses de la Libye à l’Asie centrale.

Pas plus que M. Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand ne remettra en cause directement le monde postcolonial d’Elf l’africaine. Homme de l’empire français, il attendra le sommet franco-africain de La Baule (1990) pour saluer l’inévitable vent du changement en Afrique francophone. Pendant ce temps, Elf Afrique organise ses finances et celles de ses associés africains via la FIBA (French Intercontinental Bank for Africa), détenue à 43 % par Elf, 50,9 % appartenant à des actionnaires privés, dont 35% à la famille Bongo (3). Quant au « M. Afrique » du groupe, M. André Tarallo, président d’Elf Gabon, il se dote d’une flotte d’avions Falcon et renforce la fraction corse du réseau, liée à l’ancien ministre de l’intérieur Charles Pasqua.

De mystérieux transferts

A partir de 1987, M. Loïk Le Floch-Prigent prend en main les destinées d’Elf. Dans le reportage de Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi, il affirme que « la France en Afrique, c’est Chirac et Pasqua, car, pour l’Afrique, la France est gaullienne ». Un moule pratique pour Elf comme pour son PDG et son homme de confiance, M. Alfred Sirven : ils peuvent ainsi continuer à organiser le pompage financier à côté de celui du pétrole. Derrière le miroir sans tain, on laisse s’activer les hommes de M. Tarallo et on appelle à la rescousse les gouvernements de cohabitation lorsque des difficultés surviennent avec les gouvernements africains.

Mais, avec M. Sirven, une nouvelle strate de l’action de l’ombre se déploie. En Angola, où Elf compte ses plus beaux gisements qui lui confèrent un rôle majeur à côté de Chevron, M. Le Floch-Prigent n’hésitera pas à envoyer MM. Philippe Bohn et Yves Verwaede négocier avec l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) de M. Jonas Savimbi. Mis en examen dans l’affaire Elf, l’ancien député européen (Démocratie libérale) Yves Verwaede a certifié qu’il avait effectué des missions auprès de l’Unita en Angola (4)…

Tout en entretenant ses anciennes relations avec l’Unita, Elf s’efforcera de présenter une façade respectable au gouvernement de Luanda : visites d’un diplomate détaché à son service (M. Bernard du Chaffaut), revues consacrées aux promesses du pays et prêts gagés sur les recettes pétrolières à venir de l’Etat angolais comme à Brazzaville. Ces derniers alimenteront la guerre contre l’Unita, qui, de l’aveu même de M. Le Floch-Prigent, recevait aussi des paiements de la société Elf… Reste à découvrir quelle part de ces mystérieux transferts a été récupérée par M. Savimbi et combien les intermédiaires en ont détourné en route…

L’ancien président congolais Pascal Lissouba a reconnu que, à l’instigation de M. Omar Bongo, il a reçu de l’argent d’Elf pour sa campagne électorale et a eu recours à des conseillers en renseignement comme M. Pierre-Yves Gilleron, rémunéré, d’après lui, également par Elf. Mais, après sa défaite, il a affirmé que les soldats de son adversaire, M. Sassou N’Guesso, avaient été ravitaillés en armes angolaises transportées par des barges de la société Elf – il portera même plainte contre le groupe à Paris, le 20 novembre 1997. Quoi qu’il en soit, dans sa précipitation à regagner son hôtel particulier parisien (payé avec la rente pétrolière), il a laissé derrière lui une documentation accablante sur le rôle de la FIBA dans les virements de millions de dollars aux marchands de mort qui livrèrent hélicoptères et bombes à son régime.

Les faits abondent, qui le démontrent : l’action d’Elf en Afrique reste largement mystérieuse, y compris après l’arrivée de M. Philippe Jaffré, devenu PDG de la société en 1993, et la privatisation du groupe. Si le témoignage des hommes interrogés dans l’enquête d’Arte est précieux, c’est qu’ils expriment comme leurs les objectifs pétroliers de la France, considérés comme intérêt national. De surcroît, ils manifestent l’invraisemblable assurance que donne l’illusion du pouvoir légitime et absolu procurée par l’argent et la puissance.

Couverture de leur enrichissement personnel, cette identification à une France en quête d’indépendance énergétique les a aveuglés au point qu’ils ne mesurèrent pas la capacité de résistance de présidents liges comme MM. Bongo, Lissouba, l’ancien chef d’Etat congolais, qu’ils pensaient manipuler, ou Eduardo Dos Santos. Là réside sans doute le côté désuet de ces soldats d’Elf, à l’heure où les batailles pour les gisements syriens, les aventures iraniennes et les marches de l’Asie appellent les acteurs modernes de l’ère de la « Totalisation (5) ».

Olivier Vallée.

1) Documentaire de Jean-Michel Meurice, Fabrizio Calvi et Laurence Dequay, une coproduction La Sept-Arte, MK2TV, diffusé le mercredi 12 avril 2000, à 20 h 45, sur Arte.

(2) Polytechnicien, fondateur de la direction générale des services spéciaux (DGSS), il sera ministre des armées du général de Gaulle.

(3) Lire Antoine Glaser et Stephen Smith, Ces Messieurs Afrique, Calmann-Lévy (tome I en 1992, tome II en 1997). En mars 2000, Elf a annoncé que la FIBA était en voie de démantèlement par décision de son conseil d’administration. Elle faisait par ailleurs l’objet d’investigations judiciaires et son siège a subi un cambriolage.

(4) Hervé Gattegno, « Elf Aquitaine International, ou les caramels d’Alfred Sirven », Le Monde, 22 décembre 1999.

(5) En octobre 1999, Elf a fusionné avec Total.



Olivier Vallée

Economiste, auteur de Pouvoirs et politiques en Af rique, Desclée de Brouwer, Paris, 1999.


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