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Cameroun : comment Biya arrose Le Monde et l’Express

La visite du président Biya à Paris a occasionné des achats d’espace dans Le Monde et l’Express qui révoltent les journalistes camerounais. L’un d’entre eux explique pourquoi. En France, seule la société des journalistes de l’Express a protesté.

eos_Cameroun _ 02  (http://www.flickr.com/photos/kameni/2808832575/) - Flickr - cc -
Mardi dernier, sur le plateau de l’émission «Cartes sur table» diffusée par la chaîne Stv, les invités de Thierry Ngogang ont débattu de la dernière visite du président Paul Biya en France. Me Emmanuel Pensy, Henriette Ekwe directeur de publication de Bebela, Hervé Emmanuel Nkom du Rdpc et Kah Wala du Social democratic front ont en effet abordé la question des publicités parues dans certains journaux français avec le cas particulier de l’hebdomadaire français L’Express.
La Société des journalistes (Sdj) de l’Express n’a pas apprécié que le magazine publie, sur une demi-page, un message de la présidence de la République du Cameroun, publicité vantant le site Internet du palais de l’Unité. La Sdj a même publié un communiqué le 24 juillet dans lequel elle estimait qu’une telle réclame «qui paraît opportunément à l’occasion de la visite officielle en France [de Paul Biya] nuit à l’image de L’Express en induisant le doute sur la caution qu’apporterait le journal à un homme régulièrement dénoncé pour ses manquements démocratiques ».
Au-delà de ces considérations éditoriales qui n’ont été relevées que par les journalistes de L’Express, les autorités camerounaises ont également payé des pages de publicité dans d’autres journaux français dont le prestigieux quotidien Le Monde. On a ainsi vu une double page centrale consacrée au Cameroun dans l’édition du quotidien fondé par Hubert Beuve Méry du 24 juillet dernier.

Une pub dans Le Monde = un an d’aide à la presse au Cameroun!
Les tarifs de publicité y sont connus. Une double page ici coûte 190 000 euros soit 124 640 000 francs Cfa! De la même manière, une page en quadrichromie à l’Express est facturée 25 200 euros soit 16 531 200 francs. Un montant qui permet de se faire une idée du prix de la demi page.
La presse camerounaise, toujours en proie à de cruelles difficultés financières, salive à la vue du pactole que la presse française a empoché à la faveur de la visite du chef de l’Etat en France. Pour un peu elle trouverait une telle générosité illégitime. Il faut en effet savoir que l’aide publique à la presse privée s’élève chaque année à 150 millions de francs Cfa. Le Monde, à lui tout seul, a donc reçu 124 640 000 francs Cfa. Mieux encore, le montant total de la publicité dans un quotidien privé au Cameroun s’élève à environ 125 millions sur une période de dix mois à un an.

Vendredi 31 Juillet 2009

Ateba Biwole – Le Jour

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Filed under: Cameroun, Paul Biya, corruption, françafrique, gabégie

Le rapport qui dénonce la richesse de Paul Biya, président du Cameroun



Par Comité catholique contre la faim et pour le développement – 24/06/2009

Intégralité du chapitre Cameroun

En mars 2007, un rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) détaillait une partie des biens des chefs d’État parmi les plus pauvres de la planète. L’enquête portait le titre « Biens mal acquis… profitent trop souvent », pour désigner les milliards d’euros détournés par ces dirigeants, notamment africains. Les premières plaintes contre des présidents corrompus s’appuyèrent ultérieurement sur les conclusions du document. Deux ans après, en 2009, l’ONG revient à la charge à travers une deuxième étude intitulée « Biens mal acquis, à qui profite le crime ? », qui sera rendue publique mercredi 24 juin. Son premier constat est que la corruption n’épargne aucun continent. D’après les coauteurs de l’enquête, Antoine Dulin et Jean Merckaert, « entre 105 et 180 milliards de dollars (75 et 130 milliards d’euros) ont été perçus par une trentaine de dictateurs » africains, américains, asiatiques et européens.

Paul Biya a pris le pouvoir le 6 novembre 1982. Il a tiré profit, conformément à la Constitution camerounaise, de la démission de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, dont il était jusqu’alors Premier ministre. C’est son maintien au pouvoir depuis plus de 25 ans qui est sujet à caution. Les accusations de fraude ont ponctué les élections qui ont prorogé son mandat. En 2008, Paul Biya a d’ailleurs modifié la Constitution pour devenir, pratiquement, président à vie, à l’image de ses voisins gabonais et équato-guinéen. Il a en effet fait sauter le verrou qui, depuis la révision constitutionnelle de 1996, limitait à deux le nombre de mandats présidentiels. Se protège-t-il ainsi d’éventuelles représailles que pourraient lui intenter ses successeurs?

Le Cameroun est considéré, selon l’indice de perception de la corruption développé par l’association Transparency International, comme l’un des pays les plus corrompus du monde. Il a même obtenu le titre de champion du monde de la catégorie dans le classement établi par TI en 1998 et 1999. Malgré cette piètre réputation, Paul Biya refuse la création d’une Commission des Biens Mal Acquis dans son pays pour lutter contre la corruption. Il préfère installer, le 11 mars 2006, la CONAC (Commission nationale de lutte contre la corruption), à la tête de laquelle il a nommé un fidèle, Paul Tessa, ancien ministre et ancien secrétaire général de la présidence de la République. En janvier 2008, pour se concilier les bonnes grâces des bailleurs internationaux, et probablement aussi pour régler des comptes avec certains ministres qui lorgnaient sa place, le président Biya lance une grande opération « Épervier » de lutte contre la corruption. Une liste d’une soixantaine de personnalités, ministres, directeurs généraux, hommes d’affaires, est publiée dans la presse à cet effet. Mi 2008, une quinzaine d’entre elles avaient été interpellées, jugées et condamnées à de lourdes peines privatives de liberté et de fortes amendes. Des experts comme Francis Dooh Collins sont nommés pour rechercher les 162 millions d’euros qui, selon le gouvernement, auraient été détournés. Me Jacques Vergès aurait également été sollicité.

© www.ccfd.asso.fr

Le gouvernement camerounais a obtenu le soutien international dans
cette opération, notamment celui du FBI, la police fédérale américaine. L’ancien ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Niels Marquardt, s’était montré intransigeant sur le sujet : « ce n’est pas assez de publier les noms des personnes suspectées de corruption ou de les relever de leurs fonctions. Les personnes accusées de corruption doivent être officiellement inculpées, poursuivies et condamnées si leur culpabilité est établie. Dans le même temps, leurs biens mal acquis doivent être confisqués et retournés au trésor public ». Il s’agit pour les États qui prêtent leur concours de traquer la fortune des personnalités visées à l’étranger, notamment dans des paradis fiscaux, mais selon l’ambassade américaine, « ce n’est pas facile car il y a des comptes blanchis. (…) Il faut beaucoup de preuves ». Une autre chancellerie explique que « le plus difficile dans cette opération est de mettre tout le monde en prison, parce que plus ou moins tout le monde est trempé ».

Qu’en est-il de Paul Biya et ses proches ? Aucune information officielle ne filtre à leur sujet. Et pourtant, l’article 56 de la Constitution camerounaise, depuis sa révision en janvier 1996 par le président Paul Biya, dispose que « le président de la République , le Premier ministre, les membres du gouvernement et assimilés (…) doivent faire une déclaration de leurs biens et avoirs, au début et à la fin de leur mandat. » La loi N° 003 de 2006 du 25 avril 2006 dresse la liste exacte des personnes soumises à cette obligation de déclaration des biens et avoirs, mais en mai 2009, elle n’avait toujours pas été promulguée. Au contraire, le président camerounais a la réputation d’un des chefs d’État les plus secrets du monde. Déçus, voire vexés de ne pas trouver Paul Biya dans l’étude sur les biens mal acquis que nous avons publiée en 2007, des associations, syndicats et journalistes camerounais se sont penchés sur la question. La démarche est osée car, au Cameroun, le sujet est tabou.

© Journalducameroun.com

En février 2008, Jean-Bosco Talla, journaliste dans les journaux privés Le Front et Germinal, impliqué dans un programme de renforcement de la société civile camerounaise soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, en a fait l’amère expérience. Alors qu’accompagné d’un stagiaire, il cherchait à localiser le patrimoine d’un ministre camerounais dans le village de Zoétélé, appareil photo en bandoulière, il fut arrêté, puis conduit d’un lieu à l’autre sur des centaines de kilomètres les yeux bandés et molesté. Il a fallu une mobilisation de la société civile au Cameroun et au niveau international, doublée de la vigilance des ambassades de France et des États-Unis, pour que Jean-Bosco Talla soit libéré au bout de cinq jours. Aussi, pour le lancement en mai 2008 de l’hebdomadaire Germinal, qu’il dirige, Jean-Bosco Talla choisit-il de sortir un dossier spécial sur « L’argent et les biens de Paul Biya ». Une enquête très documentée. Le succès fut immédiat : alors que la presse indépendante camerounaise tire rarement à plus de 4 000 exemplaires, 11 000 copies de ce numéro spécial s’arrachent en quelques jours. En mai 2009, c’est un autre magazine indépendant, Les Cahiers de Mutations, qui s’interroge: « Avoirs camerounais à l’étranger: peut-on rapatrier l’argent volé ? ».

On le voit, le sujet fait aujourd’hui débat au Cameroun. Et il y a de quoi. À peine devenu chef d’État, Paul Biya faisait parler de lui à propos de son patrimoine. Le 16 mars 1983, Le Canard enchaîné dévoilait deux acquisitions présidentielles en France: l’une avenue Foch à Paris, l’autre sur la Côte d’Azur, à Cagnes-sur-Mer. Le gouvernement camerounais explique alors que ces acquisitions sont le fait du citoyen Paul Biya et non du président. Et Paul Biya se pare d’un discours vertueux : « Il nous faut assurément recourir à la moralisation de la vie publique ». En mai 1997, L’Événement du jeudi estime que la fortune du président camerounais et de sa famille approche les 70 millions d’euros384, dont des châteaux en France et en Allemagne, à Baden-Baden. Un de ses proches, le professeur Titus Edzoa, estime aussi que « c’est le Camerounais le plus riche ». Parmi les résidences françaises, le journal camerounais L’Expression évoquait en 1997 celle du lieu-dit « de la ferme des bois » à Gambais (Yvelines), d’une valeur estimée de 6 millions d’euros à l’époque. Selon les journalistes de Germinal en 2008, « Paul Biya serait aussi actionnaire de plusieurs sociétés. (…) À cela, l’on doit ajouter le château en construction, à côté de l’Ambassade des États-Unis à Yaoundé ». Ces informations n’ont été ni confirmées ni infirmées par le président camerounais. Paul Biya sait également se montrer généreux avec ceux qu’il affectionne. Outre certains conseillers en communication français grassement rémunérés, l’Ordre de la Rose-Croix (AMORC), considéré en France comme une secte388, fait l’objet des largesses de la présidence camerounaise. Raymond Bernard, ancien secrétaire général de l’AMORC et fondateur de l’Ordre rénové du Temple (ORT), considéré comme le « berceau » de l’Ordre du Temple solaire, se voit remettre 5,6 millions de francs français le 2 mars 1990389, puis 11,2 millions de francs de 1992 à 1998, le tout via la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun. Selon la justice française, Raymond Bernard aurait ainsi constitué un patrimoine de 20 millions de francs, sans avoir « jamais travaillé ». De même, le siège parisien d’une organisation ésotérique créée par Raymond Bernard, l’ordre souverain du temple initiatique (OSTI), a été acquis au 22, rue Beaunier dans le XIVe arrondissement de Paris grâce à un prêt sans intérêt d’un montant de 40 millions de francs français accordé par le président camerounais.

© Journalducameroun.com
Fcfa

Selon Africa Confidential d’octobre 2005, reprenant le travail d’une ONG londonienne, les largesses de Paul Biya serviraient aussi à amadouer l’opposition: le leader de l’opposition John Fru Ndi aurait ainsi accumulé une fortune de plus de 125 millions de dollars, dont « plus de 70 % de l’argent provient de ses deals politiques avec le chef de l’État camerounais en fonction », en particulier « entre juin 2002 et 2005 ». John Fru Ndi a nié. Certains soupçonnent également l’homme fort de Yaoundé d’utiliser des prêtenoms pour gérer sa fortune, notamment en Suisse. Il y réside régulièrement et sa fille Anastasie Brenda Eyenga Biya fait ses études au Collège du Léman à Versoix, à quelques kilomètres de Genève. Le journal The African Independent, particulièrement critique envers le gouvernement Biya, estime par ailleurs que le fils du président, Franck Biya, a un rôle clé dans la gestion du patrimoine familial. Il gagnerait, selon ce quotidien, «9 milliards de francs CFA par mois dans la mafia du bois» (13,7 millions d’euros). Son rôle dans l’exploitation forestière est, de fait, particulièrement décrié : attribution des concessions à ses sociétés (dont Ingénierie forestière) dans la plus grande opacité, évasion fiscale, non respect des contraintes environnementales, gestion douteuse des fonds de ses sociétés…396. Naturalisé monégasque, le fils Franck serait propriétaire à Roquebrune-Cap-Martin, lieu de villégiature du Maréchal Mobutu, de la magnifique « Villa Isis », avenue Douine. Officiellement, la villa est au nom de « l’Immobilière du Sud Azur », une société au capital de 1000 euros sise promenade
des Anglais à Nice, dont le gérant n’est autre qu’un certain Emmanuel Biya… le second prénom de Franck.

Outre l’exploitation forestière, les sources potentielles de l’enrichissement familial sont multiples. Selon un arrangement extrêmement commode, la loi de Finances autorisait le président, jusqu’en 1994, « en cas de besoin, à prélever et à affecter par décret à un compte spécial hors budget tout ou partie des résultats bénéficiaires des entreprises d’État ». Selon L’Événement du jeudi précité, « l’évaporation de 2,3 milliards de francs français [350 millions d’euros] pour la période 1988-1993, ainsi que l’évasion fiscale hors du Cameroun, de 20 milliards de francs français [3 milliards d’euros] entre 1988 et 1993 donne une idée des sommes détournées ». Ladite évaporation touche tous les secteurs.
Dans le domaine pétrolier, une firme américaine évalue les pertes autour de 350 millions d’euros entre 1988 et 1993. Paris n’y voit rien à redire, à en croire l’ancien patron d’Elf Aquitaine Loïc Le Floch-Prigent : « Paul Biya ne prend le pouvoir qu’avec le soutien d’Elf pour contenir la communauté anglophone de ce pays » L’affaire Elf a, de facto, levé une partie du voile sur la grande corruption
qui entoure les contrats pétroliers. Elf aurait ainsi prêté, en 1992, plus de 80 millions d’euros à la société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun, au profit de Paul Biya, via une banque des Îles Vierges. En contrepartie, Elf s’assurait un approvisionnement de pétrole par avance et engrangeait au passage une commission de plus de 20 millions d’euros par l’entremise d’Alfred Sirven.

Dix ans plus tard, les comptes gérés par Alfred Sirven étaient à nouveau crédités de 25 millions de dollars dans d’autres opérations de préfinancement pétrolier avec le Cameroun. Le 21 mars 2007 à nouveau, le PDG du groupe Total était entendu par la Brigade de répression de la délinquance financière, à Paris, pour une affaire de corruption au Cameroun. Pour le romancier camerounais Mongo Béti, « la politique française du pétrole en Afrique, [c’est] (…) la quête, sur le dos des Africains, de l’indépendance énergétique de la France ». Dans le domaine bancaire, Paul Biya et sa première épouse, Jeanne Irène, se sont vu également reprocher très directement d’avoir mis en faillite, à force de pillage, la Société camerounaise de banque (SCB), premier établissement bancaire du pays dans les années 1980. C’est l’ancien directeur de la SCB , Robert Messi Messi, aujourd’hui exilé au Canada, qui accuse le couple présidentiel d’avoir soutiré plus de 9 millions d’euros à la banque pour acquérir des villas, financer le palais présidentiel, la piste d’atterrissage et un golf dessinés par l’architecte Cacoub.

Après 1994 et la révision de la loi autorisant la cagnotte présidentielle, les « distractions de deniers publics », comme on dit au Cameroun, n’ont pas cessé pour autant : entre 1998 et 2004, elles dépasseraient les 2,8 milliards d’euros, selon les services du Contrôle supérieur de l’État camerounais405. Par ailleurs, certains
journaux camerounais se demandent si, usant de prête-noms, le président camerounais n’aurait pas jeté son dévolu sur l’exploitation de la bauxite. Par un accord du 13 janvier 2006, le gouvernement camerounais cède l’exclusivité de l’exploitation de la bauxite à la société Hydromine Inc., enregistrée dans le Delaware, qui n’a pourtant aucune expertise dans l’exploitation minière. Certains journalistes en concluent que Peter Brigger, le président d’Hydromine, par ailleurs spécialisé dans la location d’appartements de luxe en Suisse, serait le gérant occulte de la fortune du président camerounais.

Malgré les soupçons persistants autour du chef de l’État camerounais, le soutien du gouvernement français à Paul Biya ne se dément pas depuis 1982. Depuis les années 1950, où il militait avec le Dr Aujoulat contre les indépendantistes camerounais, l’attachement de Paul Biya à l’Hexagone ne s’est apparemment pas estompé. Sous sa férule, le Cameroun reste en effet pour l’État et les entreprises françaises un marché et un point d’ancrage déterminants en Afrique centrale. La population camerounaise, elle, enrage de ne pas bénéficier davantage des richesses phénoménales qui l’entourent. Chaque année, lors de la messe du Nouvel an, l’archevêque de Douala, Christian Tumi, se fait l’écho de cette exaspération, exhortant les gouvernants camerounais à « remettre l’argent volé dans les caisses de l’État »

On y apprend que Franck Emmanuel Biya a acquis la citoyenneté Monégasque et qu’il est proprio de la villa Isis à Rqouebrune CapMartin. J’y suis passé les 15 & 16 juin dernier pour des activités liées au Chemin de Fer devant l’Avenue Douine, elle est impressionnante cette piaule. Donc, from qu’il est back au mboko depuis son histoire de cocufication, il a la carte de séjour ?

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Jean MERCKAERT: Nous enquêtons en France sur les biens mal acquis des Camerounais


Pour l’alter mondialiste Français, les financements extérieurs pour le développement sont une source de tarissement des économies Africaines, contrairement aux financements autonomes.

Qu’est qui motive vos actions?
Nous avons commencé à travailler pour le développement sur deux sujets il y a quelques années. Nous voulions d’abord obtenir l’annulation de la dette. On s’est rendu compte que les financements extérieurs étaient une source de tarissement des économies des pays du Sud. Avec des aides qui servent le plus souvent aux bailleurs de fonds sous la tutelle du Fmi/Banque Mondiale.

C’est la raison pour laquelle depuis quelques années, on s’oriente beaucoup plus vers le financement autonome du développement, en s’attaquant aux flux sortants plutôt que ceux entrants, aux questions de détournement de fonds, mais aussi et surtout aux questions de fraude fiscale qui représente des volumes très colossales.

Nous estimons que sur 15 Euros versés pour le développement dans certains pays d’Afrique, 5 à 10 de cet argent disparaissent dans les poches des gens par le vol et la corruption. Le Camerounais se voit pratiquement confisquer sa souveraineté, sa liberté et même sa politique.
La dette est le cœur de l’injustice entre le Nord et le Sud. On a des prêteurs ; un certain nombre de banques qui prêtent aux gouvernements qui s’avèrent finalement soit insolvables, soit corrompus.

Ces prêts servent aussi à promouvoir les exportations de la France, des Etats-Unis, bref, des grandes puissances économiques qui prêtent. A leur actif aujourd’hui, ils savent que ce sont les populations des pays endettés qui payent la facture.

Pour nous, société civile Française, il y a là un véritable scandale, une double peine. Les populations des pays endettés ont dû payer la corruption et la répression des gouvernements, et maintenant, ils doivent payer la dette. Pour nous, il est temps que les créanciers assument leur responsabilité en annulant toutes les dettes.

Qu’en est-il du problème des Présidents indexés par la justice Française ?
Le 5 mai 2009, la juge parisienne Françoise DESSET a décidé de la recevabilité d’une plainte de l’ONG Transparency International, à l’encontre de trois chefs d’Etat d’Afrique Centrale pour les détournements des fonds publics. Le parquet qui est sous la tutelle directe du gouvernement veut empêcher l’ouverture de l’enquête. Une attitude révélatrice à plusieurs égards ; d’abord on estime que cette crise est une crise de l’argent, de l’argent flou, de l’argent du profit qu’on recherche à n’importe quel prix (capitalisme), et qui fait qu’on sacrifie les ressources de la planète, les règles les plus élémentaires de la morale, des droits de l’Homme, c’est là les motifs de la crise.

Révélatrice aussi pour ce qui est des biens mal acquis. Un pays comme le Congo Brazzaville a 70% de sa population qui vit avec moins de 500 francs Cfa par jour. Pendant ce temps, l’argent de la dette sert à financer les armes qui vont massacrer une partie de cette population. Et bien, le financier ferme les yeux, le gouvernement aussi et c’est là pour nous le vrai problème.

Qui est-ce que le gouvernement français protège?
Au Congo Brazzaville, la majorité des entreprises sont Françaises, que ce soit dans le transport, le bois avec BOLLORE, Total et la grande distribution. Ce sont des entreprises qui ont l’oreille attentive de l’Elysée. Nicolas SARKOZY s’est vu offrir des vacances dans un yacht par Vincent BOLLORE qui est comme on le sait quelqu’un qui est solidement implanté économiquement en Afrique. La France ne peut pas continuer de briser sa relation avec l’Afrique à cause des affaires. On observe une montée en puissance dans certains pays d’Afrique Centrale un sentiment anti-français. On les comprend tout à fait, parce que l’histoire entre la France et l’Afrique est douloureuse et sentimentale. Maintenant, il faut que cette relation et cette solidarité puissent continuer.

Pourquoi le chef de l’Etat du Cameroun n’a-t-il pas été cité?
Nous sommes une ONG; nous faisons avec nos moyens. Nous n’avons pas accès aux comptes bancaires de tout le monde; nous ne pouvons pas être très affirmatifs sur ce cas précis maintenant; nous avons cependant eu des rumeurs faisant état de la fortune du président Paul BIYA.

A l’heure de boucler notre rapport en 2007, nous n’avions pas d’éléments suffisamment probants pour en parler. J’espère que l’affaire des biens mal acquis des présidents permettra aux langues de se délier. Nous nous intéressons pour l’heure sur la présence des comptes de Franck BIYA logés en Principauté Monaco. On entend parler des biens immobiliers d’une grande valeur en Suisse et en France. Je ne peux pas être plus explicite maintenant. Les enquêtes suivent leur cours ; le moment venu, nous tiendrons les médias informés.

On évoque très souvent une forme de complicité entre Transparency International et le gouvernement Camerounais. Qu’en dites vous?
J’ai dirigé les rapports sur les biens mal acquis; cela a abouti au dépôt d’une plainte en 2007. Nous avons recensé des informations qui étaient disponibles sur un certain nombre de chefs d’Etat. En tête de classement, ce ne sont pas les Africains. Ce sont les Indonésiens, les Irakiens, (avec Saddam Hussein notamment)… Sur ces cas-là, il y avait déjà des processus de restitution des biens qui étaient en cours. On a réussi à rassembler davantage d’informations sur le Cameroun, nous avons eu vent d’un certain nombre de rumeurs. Nous n’avions pas d’éléments suffisamment solides à l’époque pour écrire quelque chose à ce sujet.

Maintenant, les choses se précisent de plus en plus. Manifestement, nous savons que la corruption est un problème au Cameroun, et que des procédures doivent être intentées à l’égard des dirigeants Camerounais ou de leurs complices en France sur la question. Nous veillerons pour que les choses se passent bien

Comment le Cameroun doit-il gérer la crise financière?
Le Cameroun est devenu très vulnérable depuis 30 ans. A cause de la dette avec la Banque mondiale, l’économie Camerounaise est devenue totalement dépendante du système international, tourné vers l’exportation. L’ouverture des frontières est presque totale et les paysans font face à une concurrence dure, avec les produits d’une agriculture ultra mécanisée, ultra subventionnée.

Pour nous, la solution doit être la reprise en main du destin des paysans par le gouvernement Camerounais s’il veut demeurer crédible auprès de sa population. On estime que le salut du Cameroun viendra d’une meilleure exploitation de ses richesses, d’une répartition équitable des revenus aux Camerounais, et non par une sécurisation exclusive des entreprises des puissances étrangères comme c’est le cas actuellement.

Quel message adresseriez-vous aux dirigeants Africains accusés de détournements?
Nous avons notre travail à faire en France pour qu’il n’y ait plus de complaisance avec le pillage en Afrique. Maintenant, je vais aussi adresser un message aux dirigeants Africains, Mgr TUMI l’a dit en janvier dernier dans un message: “Rendez les fonds que vous avez détournés, car il est encore temps! Vous y sauverez votre honneur, vous pouvez le faire avant que la justice vous rattrape”.
Les fortunes qui sont faites sur le dos des populations Africaines sont des fortunes mal acquises (fraude fiscale, manne pétrolière, commissions perçues). Ce sont ces fortunes là que nous souhaitons voir restituer aux populations.

Nous Sommes le Congo !
C
essons d’Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !


“Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission”

Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !

Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

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Jean MERCKAERT: Nous enquêtons en France sur les biens mal acquis des Camerounais


Pour l’alter mondialiste Français, les financements extérieurs pour le développement sont une source de tarissement des économies Africaines, contrairement aux financements autonomes.

Qu’est qui motive vos actions?
Nous avons commencé à travailler pour le développement sur deux sujets il y a quelques années. Nous voulions d’abord obtenir l’annulation de la dette. On s’est rendu compte que les financements extérieurs étaient une source de tarissement des économies des pays du Sud. Avec des aides qui servent le plus souvent aux bailleurs de fonds sous la tutelle du Fmi/Banque Mondiale.

C’est la raison pour laquelle depuis quelques années, on s’oriente beaucoup plus vers le financement autonome du développement, en s’attaquant aux flux sortants plutôt que ceux entrants, aux questions de détournement de fonds, mais aussi et surtout aux questions de fraude fiscale qui représente des volumes très colossales.

Nous estimons que sur 15 Euros versés pour le développement dans certains pays d’Afrique, 5 à 10 de cet argent disparaissent dans les poches des gens par le vol et la corruption. Le Camerounais se voit pratiquement confisquer sa souveraineté, sa liberté et même sa politique.
La dette est le cœur de l’injustice entre le Nord et le Sud. On a des prêteurs ; un certain nombre de banques qui prêtent aux gouvernements qui s’avèrent finalement soit insolvables, soit corrompus.

Ces prêts servent aussi à promouvoir les exportations de la France, des Etats-Unis, bref, des grandes puissances économiques qui prêtent. A leur actif aujourd’hui, ils savent que ce sont les populations des pays endettés qui payent la facture.

Pour nous, société civile Française, il y a là un véritable scandale, une double peine. Les populations des pays endettés ont dû payer la corruption et la répression des gouvernements, et maintenant, ils doivent payer la dette. Pour nous, il est temps que les créanciers assument leur responsabilité en annulant toutes les dettes.

Qu’en est-il du problème des Présidents indexés par la justice Française ?
Le 5 mai 2009, la juge parisienne Françoise DESSET a décidé de la recevabilité d’une plainte de l’ONG Transparency International, à l’encontre de trois chefs d’Etat d’Afrique Centrale pour les détournements des fonds publics. Le parquet qui est sous la tutelle directe du gouvernement veut empêcher l’ouverture de l’enquête. Une attitude révélatrice à plusieurs égards ; d’abord on estime que cette crise est une crise de l’argent, de l’argent flou, de l’argent du profit qu’on recherche à n’importe quel prix (capitalisme), et qui fait qu’on sacrifie les ressources de la planète, les règles les plus élémentaires de la morale, des droits de l’Homme, c’est là les motifs de la crise.

Révélatrice aussi pour ce qui est des biens mal acquis. Un pays comme le Congo Brazzaville a 70% de sa population qui vit avec moins de 500 francs Cfa par jour. Pendant ce temps, l’argent de la dette sert à financer les armes qui vont massacrer une partie de cette population. Et bien, le financier ferme les yeux, le gouvernement aussi et c’est là pour nous le vrai problème.

Qui est-ce que le gouvernement français protège?
Au Congo Brazzaville, la majorité des entreprises sont Françaises, que ce soit dans le transport, le bois avec BOLLORE, Total et la grande distribution. Ce sont des entreprises qui ont l’oreille attentive de l’Elysée. Nicolas SARKOZY s’est vu offrir des vacances dans un yacht par Vincent BOLLORE qui est comme on le sait quelqu’un qui est solidement implanté économiquement en Afrique. La France ne peut pas continuer de briser sa relation avec l’Afrique à cause des affaires. On observe une montée en puissance dans certains pays d’Afrique Centrale un sentiment anti-français. On les comprend tout à fait, parce que l’histoire entre la France et l’Afrique est douloureuse et sentimentale. Maintenant, il faut que cette relation et cette solidarité puissent continuer.

Pourquoi le chef de l’Etat du Cameroun n’a-t-il pas été cité?
Nous sommes une ONG; nous faisons avec nos moyens. Nous n’avons pas accès aux comptes bancaires de tout le monde; nous ne pouvons pas être très affirmatifs sur ce cas précis maintenant; nous avons cependant eu des rumeurs faisant état de la fortune du président Paul BIYA.

A l’heure de boucler notre rapport en 2007, nous n’avions pas d’éléments suffisamment probants pour en parler. J’espère que l’affaire des biens mal acquis des présidents permettra aux langues de se délier. Nous nous intéressons pour l’heure sur la présence des comptes de Franck BIYA logés en Principauté Monaco. On entend parler des biens immobiliers d’une grande valeur en Suisse et en France. Je ne peux pas être plus explicite maintenant. Les enquêtes suivent leur cours ; le moment venu, nous tiendrons les médias informés.

On évoque très souvent une forme de complicité entre Transparency International et le gouvernement Camerounais. Qu’en dites vous?
J’ai dirigé les rapports sur les biens mal acquis; cela a abouti au dépôt d’une plainte en 2007. Nous avons recensé des informations qui étaient disponibles sur un certain nombre de chefs d’Etat. En tête de classement, ce ne sont pas les Africains. Ce sont les Indonésiens, les Irakiens, (avec Saddam Hussein notamment)… Sur ces cas-là, il y avait déjà des processus de restitution des biens qui étaient en cours. On a réussi à rassembler davantage d’informations sur le Cameroun, nous avons eu vent d’un certain nombre de rumeurs. Nous n’avions pas d’éléments suffisamment solides à l’époque pour écrire quelque chose à ce sujet.

Maintenant, les choses se précisent de plus en plus. Manifestement, nous savons que la corruption est un problème au Cameroun, et que des procédures doivent être intentées à l’égard des dirigeants Camerounais ou de leurs complices en France sur la question. Nous veillerons pour que les choses se passent bien

Comment le Cameroun doit-il gérer la crise financière?
Le Cameroun est devenu très vulnérable depuis 30 ans. A cause de la dette avec la Banque mondiale, l’économie Camerounaise est devenue totalement dépendante du système international, tourné vers l’exportation. L’ouverture des frontières est presque totale et les paysans font face à une concurrence dure, avec les produits d’une agriculture ultra mécanisée, ultra subventionnée.

Pour nous, la solution doit être la reprise en main du destin des paysans par le gouvernement Camerounais s’il veut demeurer crédible auprès de sa population. On estime que le salut du Cameroun viendra d’une meilleure exploitation de ses richesses, d’une répartition équitable des revenus aux Camerounais, et non par une sécurisation exclusive des entreprises des puissances étrangères comme c’est le cas actuellement.

Quel message adresseriez-vous aux dirigeants Africains accusés de détournements?
Nous avons notre travail à faire en France pour qu’il n’y ait plus de complaisance avec le pillage en Afrique. Maintenant, je vais aussi adresser un message aux dirigeants Africains, Mgr TUMI l’a dit en janvier dernier dans un message: “Rendez les fonds que vous avez détournés, car il est encore temps! Vous y sauverez votre honneur, vous pouvez le faire avant que la justice vous rattrape”.
Les fortunes qui sont faites sur le dos des populations Africaines sont des fortunes mal acquises (fraude fiscale, manne pétrolière, commissions perçues). Ce sont ces fortunes là que nous souhaitons voir restituer aux populations.

Nous Sommes le Congo !
C
essons d’Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !


“Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission”

Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !

Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

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