Emiliano do REGO’s Weblog-Le blogue d’Emiliano do REGO

Icon

Faire savoir la vérité et être à sa recherche tel est le but de mon blogue. Je vous invite donc à faire jaillir la vérité par chacune de vos interventions sur ce blogue que vous rendrez plus éclairant. Soyez les bienvenu(e)s.

Les Fossoyeurs Français du Congo Brazzaville TOUBON et compagnie, meilleurs amis du Congo de NGUESSO

Par Th. FESSY – A. ZAJTMAN – C. NININ | Journalistes

sassou.jpg

toubon_jacques.jpg gaubert_patrick.jpgfourgous_jean_michel.jpggonnot_françois_michel.jpgmancel_jean_françois.jpgnormand_nicolas.jpgcaulier_emmanuel.jpgkouchner.jpgbolloré_vincent.jpg


Contredisant l’Union européenne, l’ancien ministre et des députés ont applaudi les conditions de la réélection du président Congolais.

Le scrutin présidentiel du dimanche 12 juillet au Congo-Brazzaville a permis, sans surprise, à Denis SASSOU NGUESSO de s’offrir un nouveau mandat de sept ans.

Totalisant déjà vingt-cinq années au pouvoir, “Papa Sassou” (comme il se fait appeler) a donc été réélu avec 78,6% des suffrages pour un taux de participation s’élevant officiellement à 66%, bien surprenant quand on sait le peu d’électeurs qui se sont rendus aux urnes.

La question de la participation est cruciale : en appelant les électeurs au boycott des urnes, les principaux opposants en avaient habilement fait l’enjeu véritable du scrutin.

Si nous n’avons vu aucune file d’attente -hormis celle, très bien organisée, à la mairie de Ouenze quelques minutes avant l’arrivée du président sortant et de son épouse- nous avons cependant croisé quelques députés Français visiblement ravis de leur petite balade électorale dominicale.


“Ne soyons pas des Occidentaux arrogants. Essayons d’aider les Africains”

Ce qui nous a surpris : ni l’Union Européenne, ni la France n’avaient envoyé de mission d’observation pour ce scrutin. Ces élus répondaient en réalité à l’invitation de membres ou organes du gouvernement Congolais. Parmi eux, le député Européen UMP sortant Jacques TOUBON.

Ce proche de CHIRAC, ancien ministre de la Justice, a balayé devant la presse internationale les réservées émises par Miguel AMADO, le chef de la délégation de la Commission Européenne :

“Ne soyons pas des Occidentaux arrogants. Essayons d’aider les Africains et non de les condamner avant qu’ils n’aient fait quoique ce soit, ce qui a été le cas en particulier du représentant de l’Union européenne”

Miguel AMADO avait en effet expliqué l’une des raisons ayant poussé l’UE à ne pas envoyer d’observateurs : “Les corrections apportées depuis le scrutin de 2002 ne sont pas suffisantes”

Le diplomate pointait notamment du doigt le recensement électoral qui “n’a pas été fait en bonne et due forme”, faisant remarquer qu’un fichier électoral de 2.2 millions d’électeurs pour une population totale estimée à 3.8 millions d’habitants, “c’est trop, surtout en Afrique où un grand pourcentage de la population est jeune”

Regrettant de “ne pas avoir été préalablement informé de leur visite”, l’ambassadeur de l’UE a reconnu avoir eu un “échange tendu” avec les édiles français, et notamment avec Jacques TOUBON. Rappelons que ce dernier a été nommé le 21 juin par Nicolas SARKOZY à la tête d’une mission chargée de préparer et d’assurer la mise en œuvre d’une initiative “2010 – Année de l’Afrique


“Un grand moment démocratique” pour le député-maire UMP d’Elancourt

A la tête d’une obscure Coordination des observateurs franco-africains (Cofa), se déplaçant dans le sillage de Papa SASSOU” le jour de l’élection, on trouve Jean-Michel FOURGOUS, député UMP.

Le président du groupe Amitié France-Gabon de l’Assemblée nationale a expliqué qu’il était là pour représenter son homologue d’Amitié France-Congo (François Michel-GONNOT), ce dernier n’ayant pu faire le déplacement pour ce “grand moment démocratique”.

Dès 11 heures du matin, le maire d’Elancourt affichait sa satisfaction devant la presse Congolaise : “L’élection est libre (…), le taux de participation va certainement dépasser les 50% (…), la démocratie fonctionne”

Le lendemain, il cosignait avec Jean-François MANCEL, député UMP de l’Oise faisant lui aussi partie de la Cofa, un communiqué dans la presse progouvernementale en forme de diatribe contre Miguel AMADO, indiquant même qu’ils demanderaient des “sanctions” à l’encontre du représentant européen.

De son coté, l’ambassadeur de France Nicolas NORMAND, a refusé de répondre à une interview au sujet de ces députés et autres personnalités françaises venus observer les élections.

Nous recevant tout de même après que nous avons été brutalisés lors d’une manifestation d’opposition par les forces de l’ordre -nos équipements ont été confisqués et détruits-, Nicolas NORMAND affirme lui aussi ne pas avoir été mis au courant de l’arrivée des députés pour l’observation du scrutin.


FOURGOUS et MANCEL sont des proches du régime de Denis SASSOU NGUESSO

Amis de la famille KOLELAS -des opposants historiques ralliés à SASSOU-, les députés FOURGOUS et MANCEL constituaient ainsi la “délégation française” lors de la création de la Conférence des démocrates humanistes africains (Codeha) fin avril. Son coordinateur n’est autre que Guy Brice Parfait KOLELAS, ministre Congolais de la Pêche.

De même, Jacques TOUBON, venu à Brazzaville en compagnie de Patrick GAUBERT, président de Licra, ancien conseiller de Charles PASQUA et député européen jusqu’en juin dernier, répondait à l’invitation de la Commission nationale des droits de l’homme, contrôlée par le régime Congolais.

Patrick GAUBERT au Congo ? On se souvient de son rôle controversé dans l’affaire des disparus du beach, dénoncé par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

En 1999, ces 353 réfugiés, rapatriés du Congo-Kinshasa voisin par le HCR après la guerre pour être remis aux autorités de Brazzaville, n’ont jamais été revus par leurs familles. Un procès tenu par la justice Congolaise en 2005 n’avait pas permis de faire la lumière dans cette affaire.

Selon la FIDH, GAUBERT a fait pression, en 2004-2005, sur les familles des disparus pour qu’elles abandonnent les poursuites intentées en France contre plusieurs responsables du régime de Denis SASSOU NGUESSO.


Le représentant des éditions L’Harmattan mélange les genres

Autre rencontre intéressante, celle du juriste français Emmanuel CAULIER. Avocat à Paris, chargé de cours magistral à l’université de Paris-Descartes ainsi qu’à HEC, Me CAULIER était à Brazzaville pour le compte du cabinet Geo-Ecostrapol, chargé de l’organisation de l’observation.

Ce cabinet, fondé et dirigé par Anatole COLLINET MAKOSSO, conseiller du président SASSOU NGUESSO et directeur de cabinet de la première Dame, se veut un “organe de réflexion” visant à influencer les décideurs de tous les domaines.

Avant le scrutin, quelques 350 observateurs de la dite société civile -elle aussi sous contrôle du régime en place- ont reçu le manuel du parfait observateur, rédigé et signé par Anatole COLLINET MAKOSSO.

Ce dernier est aussi représentant des éditions L’Harmattan à Brazzaville, et co-auteur d’un livre sur l’affaire des disparus du beach publié par l’éditeur parisien, le seul ouvrage sur ce thème… qui nie la disparition des 353 réfugiés Congolais.

Interrogé sur la compatibilité de toutes ses fonctions en période électorale, Anatole MAKOSSO assure “être capable de dissocier” ses occupations pour livrer une analyse impartiale du scrutin. Assurant “gagner moins en quelques jours à Brazza qu’à Paris”, Maître CAULIER n’est pas non plus gêné par ce cumul de fonctions.

La plupart des 350 observateurs, dont Geo-Ecostrapol compilera les conclusions, ont pourtant été recruté dans les rangs de l’association Concertation pour l’encadrement de la jeunesse, fondée et présidée par le même MAKOSSO.


Pour TOUBON, “plus difficile d’avoir des cadenas à Brazzaville qu’à la Samaritaine”

Pointant certaines « insuffisances », Emmanuel CAULIER a finalement estimé lors d’une conférence de presse “que l’élection présidentielle du 12 juillet a été libre, transparente et démocratique”. Alors qu’on lui demandait si, confronté aux mêmes insuffisances en France, il aurait livré la même conclusion, Me CAULIER, rougissant soudainement d’embarras, a répondu d’un petit “non”.

Jacques TOUBON a lui aussi émis quelques réserves, pour la forme. L’ancien maire du XIIIe arrondissement de Paris a constaté que “beaucoup d’urnes n’étaient pas fermées, faute tout simplement de cadenas”, avant d’ajouter qu’il est “probablement plus difficile d’avoir des cadenas à Brazzaville qu’à la Samaritaine à Paris”.

Selon TOUBON, ce sont des élections qui “correspondent à l’état de la démocratie dans un pays comme le Congo”. Les critères de démocratie et de droits de l’homme ne sont-ils pas universels ? Réponse : “Du haut de votre arrogance, vous jugez les Africains.”

Dans un pays où, selon les Nations unies, 70% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, nombre de Congolais nous ont pourtant répété tout au long de notre séjour qu’ils voudraient percevoir les dividendes de la manne pétrolière et de la coupe du bois. Les entreprises françaises Total et Bolloré en ont les plus gros contrats.


Bourrages d’urnes, fichier électoral obsolète, dépouillement à la bougie…

La France continue-t-elle d’apporter un soutien infaillible au régime de Denis SASSOU NGUESSO ?

Ce serait critiquable, après les deux prises du pouvoir par les armes de l’intéressé -en 1979 lors d’un coup d’état, et en 1997 à l’issue d’une guerre civile qu’il a provoquée-, et après une élection considérée comme non démocratique par les observateurs internationaux en 2002.

Pourtant, les hommes politiques Français rencontrés le jour du scrutin encensaient la stabilité retrouvée sous le régime de SASSOU, refusant d’admettre que la confiscation de l’espace démocratique par le pouvoir porte en elle les germes même de la contestation par les armes, de la gabegie et du sous-développement.

Ce dimanche électoral, nous avons ainsi été témoins d’une distribution de billets par “des hommes du Rassemblement pour la majorité présidentielle”, comme les décrivent les habitants, dans un quartier sud de Brazzaville, où l’abstention a été la plus élevée.

“Ils donnaient de l’argent en échange du vote pour Denis SASSOU NGUESSO”, a expliqué un habitant. “On ne peut pas nous intimider avec de l’argent ! “, s’est exclamée une jeune fille.

L’Observatoire Congolais des droits de l’homme (OCDH), membre de la FIDH, a rapporté nombre d’irrégularités lors du scrutin, boycotté par six candidats de l’opposition. Bourrages d’urnes -peut-être facilités par l’absence de cadenas que relevait Jacques TOUBON-, fichier électoral non mis à jour, électeurs n’ayant jamais reçu leur carte, bureaux de vote installés chez des particuliers, dépouillement à la bougie à défaut d’électricité… la liste est longue.


Quand l’ambassadeur de France oublie d’inviter les médias internationaux

Surtout, l’OCDH, qui avait déployé 47 observateurs, estimait qu’il serait “un miracle de voir le taux de participation dépasser 20%”, loin des 66% proclamés par la commission nationale électorale.

Cette faible affluence est pourtant signe de la désaffection des Congolais pour un exercice électoral proposé par “Papa SASSOU”. Le président sortant avait au moins le soutien de ses thuriféraires venus de France, dont la liste comprend aussi Marcel CECCALDI, ex-conseiller juridique du Front national.

Au cours d’une conférence de presse à laquelle les medias internationaux n’ont pas été invités -sur consigne du Quai d’Orsay, comme on l’a appris de sources diplomatiques- l’ambassadeur de France a pourtant lui aussi salué “le bon déroulement et la bonne organisation de l’élection”, qui devrait permettre au Congo “d’entrer dans une ère de stabilité favorable à son développement”.

Pas de mot à la presse internationale donc. Cette dernière, et France 24 et RFI en particulier, ont pourtant été la cible d’éditoriaux enflammés de journaux progouvernementaux dont Les Dépêches de Brazzaville, dirigé par un Français et sponsor du centre culturel français de la capitale Congolaise, où l’on ne trouve pas, comme dans ses homologues des pays africains, de posters de RFI ou de France 24.

Menaces téléphoniques en pleine nuit, visite d’agents des services de renseignements à l’hôtel et autres intimidations ont suivi, jusqu’à l’agression policière contre France 24 et la BBC lors de la répression d’une manifestation pacifique d’opposants.


Quand l’ex-colonie érige une statue de son colonisateur français

Une anecdote pour finir : parmi les réalisations de “Papa SASSOU”, on peut citer l’érection d’une statue et d’un mausolée, à la gloire de Pierre SAVORGNAN de Brazza, père de la colonisation Française au Congo et au Gabon.

Le monument, de dix mètres de haut, a été érigé et inauguré à grand frais en 2006, en présence de SASSOU, feu Omar BONGO, Philippe DOUSTE-BLAZY, alors ministre des Affaires étrangères, et même Bernard KOUCHNER, qui n’occupait pourtant pas de fonctions officielles à l’époque.

Le coût du monument, de plusieurs millions d’euros, avait été pris en charge par les gouvernements Congolais, Gabonais, et des entreprises Françaises.

Une ex-colonie qui célèbre son ancien colonisateur ! Voilà qui en dit long sur le mariage grassement consommé entre la France et le régime de SASSOU NGUESSO.

Nicolas SARKOZY avait promis qu’il y mettrait un terme, mais au Congo-Brazzaville, la Françafrique a de beaux jours devant elle.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Nous Sommes le Congo !
C
essons d’Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !

“Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission”

Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !

Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

Wikio

Filed under: Bernard Kouchner, Congo-Brazzaville, Jacques Chirac, Jacques Toubon, SASSOU NGUESSO, françafrique, sarkozy

Toubon et compagnie, meilleurs amis du Congo de Nguesso

Liens:
[1] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iST-YG4vdrr3zksYstuInCk_nT1w
[2] http://www.lesafriques.com/afrique/la-france-veut-faire-de-2010-lannee-de-lafrique.html?Itemid=64?articleid=17387
[3] http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/xml/organe.asp?id_organe=xml/organes/392970.xml
[4] http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/xml/organe.asp?id_organe=xml/organes/392865.xml
[5] http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hwKS7GnSe7UTSp-pQgjpVPR996lQ
[6] http://www.fidh.org/Congo-Brazzaville-Que-cherche
[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_disparus_du_Beach
[8] http://livre.fnac.com/a2000303/Anatole-Collinet-Makosso-L-affaire-des-disparus-du-Beach-de-Brazzaville?PID=1&Mn=-1&Mu=-13&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=0
[9] http://membres.lycos.fr/ocdh/infos.html
[10] http://www.rue89.com/tag/sassou-nguesso
[11] http://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_Sassou-Nguesso
Wikio

Filed under: Affairisme, Afrique, Congo-Brazzaville, SASSOU NGUESSO, corruption, sarkozy

L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises

Concurrence de l’Asie, vieillissement des réseaux


Un forum « alternatif et citoyen » s’est tenu en marge du XXIIIe sommet Afrique-France de Bamako (Mali), fin novembre. Les participants y ont dénoncé le « néocolonialisme » de Paris, notamment le soutien à certains régimes autoritaires (Togo, Gabon…). Cette contestation de l’ingérence française se produit alors que des entreprises comme Pinault ou Bolloré, autrefois très présentes, semblent se désintéresser du continent noir.

Par Anne-Valérie Hoh et Barbara Vignaux

« En Afrique francophone, notre problème n’est pas d’identifier de nouveaux investisseurs privés, mais d’empêcher ceux qui sont là de partir. » Ce constat de M. Anthony Bouthelier, président délégué du Conseil des investisseurs (français) en Afrique noire (CIAN), est confirmé par M. Jean-Pierre Barbier, directeur du département Afrique centrale, australe et océan indien de l’Agence française du développement (AFD) : « Le désinvestissement des entreprises françaises a bel et bien commencé, et a été accéléré par les événements en Côte d’Ivoire. » En effet, en dehors des petits entrepreneurs (dont une partie a été ruinée par la dévaluation du franc CFA en 1994) (1), la présence économique hexagonale en Afrique se résume désormais à une vingtaine de groupes moyens et grands. Parmi eux : Bouygues et Vinci (construction), CFAO (distribution spécialisée), Rougier (bois), Total (hydrocarbures) (2), Castel (bière), Dagris (coton), la Compagnie fruitière, Bolloré et CMA-CGM (logistique et transport), Veolia (eau), Accor (hôtellerie), Air France, BNP Paribas, Société générale (banque)…

Il est loin le temps où, durant la guerre froide, les groupes français, très bien implantés en Afrique francophone, contrôlaient plus de la moitié des marchés au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Cameroun ou au Sénégal, et enregistraient des profits considérables avec le soutien de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface). Au milieu des années 1980 encore, le Gabon représentait la moitié des réserves prouvées d’Elf Aquitaine, et des passerelles avaient été installées entre le service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), le Quai d’Orsay et la compagnie pétrolière publique. En 1964, le rétablissement de Léon M’Ba à la présidence du Gabon, après un éphémère coup d’Etat, sera la première ingérence manifeste de la « Françafrique » – mêlant intérêts politiques, économiques, commerciaux et appétits individuels, comme au Congo-Brazzaville, au Togo, en Centrafrique (3). La corruption et la prévarication révélées par l’« affaire Elf » demeurent les symboles de ces douteux mariages effectués aux frais des populations locales (4).

Désormais, le retrait des entreprises françaises est sensible dans des secteurs longtemps dominés, comme l’exploitation de l’eau ou le bois. Ainsi, après avoir quitté la Guinée-Equatoriale et le Mozambique, et annoncé son retrait du Mali, Bouygues – via ses filiales Saur et Sodeci – souhaite se désengager de Côte d’Ivoire. Veolia (ex-Vivendi Environnement) a cessé ses activités au Tchad, au terme d’un contrat de gestion de trois ans, après la renationalisation de la société locale. Cette nouvelle attitude des firmes de l’eau dépasse toutefois le cadre des relations franco-africaines, et s’inscrit, selon M. Maurice Bernard, chef de projet au département infrastructures et développement urbain à l’AFD, « dans un mouvement général de retrait des sociétés multinationales issues des pays en développement, au profit de l’Europe, des Etats-Unis et des grands pays émergents d’Asie, l’Inde et la Chine ».

Les opérateurs hexagonaux délaissent aussi le secteur forestier, dans lequel s’illustrèrent M. François Pinault et la famille de Bernard-Henri Lévy : Bolloré a vendu ses parts dans les plantations du continent, Thanry a cédé l’ensemble de ses concessions à des Chinois de Hongkong, sauf au Gabon ; Leroy a été racheté par des Portugais… Reste Rougier, un groupe de taille intermédiaire (146 millions d’euros en 2004, pour un résultat net de 1,4 million d’euros) – plus petit, par exemple, que l’allemand Danzer. Enfin, les Français ont peu participé au récent « bond » de l’investissement direct à l’étranger (IDE) en Afrique subsaharienne : la France se classe en quatrième position, avec 4 % du stock d’IDE, contre 13 % pour le Royaume-Uni, 8 % pour les Etats-Unis, et 5 % pour les Pays-Bas (5). Cette progression a surtout été le fait « d’Asiatiques, d’Américains et de Sud-Africains, devenus les premiers investisseurs sur le continent, mais guère de Français », constate M. Barbier.

La géographie de l’implantation des groupes français en Afrique a, elle aussi, évolué : l’activité se porte désormais vers les bordures méditerranéenne, méridionale et orientale du continent, au détriment de l’Afrique de l’Ouest et centrale, plus pauvre, plus instable et moins peuplée. Dans certains pays, le retrait hexagonal est très marqué, comme en Centrafrique. « Il n’y a pratiquement plus aucun secteur économique avec une présence significative des entreprises françaises », estime le ministre centrafricain des affaires étrangères Jean-Paul Ngoupandé (6). Ainsi, sur les dix créations d’entreprises et les onze acquisitions réalisées ces cinq dernières années par CFAO (groupe Pinault-Printemps-Redoute), la plupart l’ont été dans le nord et l’est du continent. Bouygues a débuté sa réorientation vers l’Afrique du Nord à la fin des années 1980. Et le vice-président de Bolloré (et président du comité Afrique du Medef (7) international), M. Michel Roussin, également ancien ministre de la coopération de M. Edouard Balladur, d’expliquer : « Désormais, les flux commerciaux en provenance d’Asie seront sans doute plus conséquents que ceux en provenance d’Europe, d’où l’importance accordée par le groupe Bolloré à l’Afrique de l’Est, en particulier l’Ethiopie, où il étudie l’implantation d’une première agence. »

Total lui-même, l’héritier d’Elf, clame qu’il a « normalisé » sa présence sur le continent. Le géant français réalise plus de la moitié de sa production quotidienne continentale – 813 000 barils équivalent pétrole (gaz compris), 30 % de son total mondial – au Nigeria et en Angola, hors de l’ancien « pré carré ». Avec quelque 110 milliards de barils, l’Afrique détient 9,4 % des réserves pétrolières mondiales (contre 7,6 % en 1984). Or, dans ce secteur stratégique, la diversité des sources d’approvisionnement est vitale. D’où l’offensive de Pékin, dans le cadre de grands contrats d’Etat à Etat dépourvus de toute conditionnalité politique (Angola, Congo-Brazzaville…), et les efforts de Washington pour s’assurer une part croissante du pétrole africain. Total, qui reste le premier opérateur international privé du continent, se voit ainsi concurrencé par les Etats-Unis en Afrique francophone, comme au Tchad, et dans les nouveaux pays producteurs, comme en Guinée-Equatoriale.

Le désengagement français et sa réorientation ont plusieurs causes. En premier lieu, la chute du mur de Berlin puis l’ouverture vers l’est ont dirigé l’intérêt politique de Paris – et les flux financiers – vers l’Europe centrale et orientale. Très peu de groupes hexagonaux disposent encore d’une stratégie africaine : « Hors pétrole, l’Afrique attire moins de 5 % des investissements étrangers directs de la France, elle n’est clairement plus stratégique pour nous », constate ainsi M. Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Dans la compétition mondiale, l’Afrique subsaharienne se caractérise par l’étroitesse de son marché, avec un produit intérieur brut (PIB) de quelque 248 milliards d’euros, inférieur à celui de l’Australie. La moitié des habitants n’y disposent que d’un dollar par jour (8).

En deuxième lieu, la « normalisation » de la présence française est encouragée par l’ouverture à marche forcée du continent sous la houlette de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La globalisation fait tomber les remparts qui protégeaient les groupes nationaux de la concurrence internationale : marchés captifs (pharmacie), monopoles ou oligopoles (transport aérien, téléphonie filaire), aides publiques (infrastructures), routine sans risque de certaines activités (banque de dépôt)… Les Français doivent désormais affronter la concurrence, notamment celle des Chinois (9).

Demande de commission d’enquête

Le secteur de la construction, est soumis à une telle compétition que le leader mondial Colas (groupe Bouygues), battu d’avance, ne prend plus la peine de participer à certains appels d’offres. L’aide de l’AFD étant déliée de toute condition de nationalité depuis le 1er janvier 2002, certains s’inquiètent de voir les Chinois rafler une part croissante des projets soutenus par cette institution. Leur présence – comme celle des Indiens, Malais et autres Asiatiques – pourrait pourtant dynamiser les entreprises françaises, remarque M. Roussin : « C’est à nous d’être imaginatifs, de monter des joint-ventures, de proposer de nouveaux services, etc. »

En troisième lieu, le redéploiement économique français s’explique par l’instabilité chronique du continent, que les événements de Côte d’Ivoire n’ont fait qu’illustrer. Une série de crises secoue l’Afrique de l’Ouest et centrale, zone privilégiée de la présence hexagonale, comme en Centrafrique ou en République démocratique du Congo (ex-Zaïre). La vie des affaires est perturbée par l’incertitude juridique, les soubresauts politiques, la corruption, les difficultés des recouvrements. A Niamey (Niger), Veolia aurait le plus grand mal à recouvrer le tiers de la facture d’eau des institutions publiques, présidence et armée comprises. « Le différentiel de compétitivité entre l’Afrique et la moyenne mondiale est de 20 %, en raison de coûts financiers plus élevés, de difficultés logistiques, du coût de l’encadrement expatrié et du facteur risque », résume M. Eric Dahlström, directeur des opérations Afrique et Moyen-Orient d’Imperial Tobacco (qui a racheté la branche tabac de Bolloré).

Enfin, à ces tendances générales s’ajoutent des difficultés spécifiques liées à l’histoire de la présence hexagonale sur le continent noir. « Le capitalisme postcolonial français a longtemps vécu de ses situations de rente et de ses relations privilégiées avec le politique », explique M. Hugon, de l’IRIS. Protégé de la concurrence extérieure par ses positions monopolistiques et ses liens étroits avec le monde politique, le capitalisme français pouvait prospérer tranquillement. Or, quoiqu’on prête au premier ministre Dominique de Villepin de solides relations avec les réseaux vieillissants de la « Françafrique » (10), la tendance de fond est celle d’un désengagement continu de Paris et d’une « disjonction progressive des sphères militaire, économique, politique et culturelle de la présence française en Afrique depuis le début des années 1980 », selon l’expression d’Achille Mbembé, chercheur à l’université de Witwatersrand, en Afrique du Sud.

Plusieurs députés français réclament d’ailleurs une commission d’enquête sur les comptes de la Coface, dont les dettes ne cessent d’augmenter (11). « La “Françafrique” est morte, non pas terrassée par la vertu citoyenne, bien tardive à se manifester, mais de ses hésitations, de son incapacité à s’adapter à l’Afrique et au monde, qui ont profondément changé », confirment les journalistes Antoine Glaser et Stephen Smith (12). La crise en Côte d’Ivoire a en outre révélé le ressentiment des populations locales contre les pratiques françaises, et la tentation des gouvernants de choisir d’autres partenaires (13).

Cependant, le mélange des genres politico-économiques demeure une réalité dans certains cas. Ainsi, l’obtention, sans appel d’offres, de la concession du port autonome d’Abidjan par la SETV (Bolloré), début 2004, a fait couler beaucoup d’encre. Objet d’un véritable bras de fer entre des autorités politiques et économiques ivoiriennes concurrentes, le contrat de concession et d’exploitation du premier port d’Afrique de l’Ouest a finalement été attribué au groupe français, qui affirme s’être tenu à sa ligne de conduite officielle : la non-ingérence. Selon un ancien du groupe, ce renouvellement serait une compensation pour l’exploitation à perte, au plus fort de la crise traversée par la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002, de la ligne de chemin de fer Sitarail conduisant de Ouagadougou à Abidjan. Dans l’ensemble, constate M. Paul Lignières, associé du cabinet d’avocats Linklaters, les entreprises françaises manifestent toujours une « sensibilité un peu différente » de celle de leurs homologues étrangères : elles sont « souvent plus attachées à leur indépendance vis-à-vis des financiers anglo-saxons que vis-à-vis des politiques français »

Le comportement des firmes nationales peine à s’adapter à une nouvelle donne qui, sous la pression des organisations non gouvernementales et des associations altermondialistes, fait une part croissante à la « moralisation » des pratiques économiques en Afrique. Ainsi Total, qui a adhéré à l’Initiative sur la transparence des industries extractives lancée en 2002 à l’occasion du Sommet sur le développement durable de Johannesburg, ne participe pas à la campagne « Publiez ce que vous payez », organisée par un groupe d’ONG. Coordinateur, en France, de cette campagne, M. Michel Roy estime que, en invoquant la non-ingérence et la confidentialité de ses contrats, « Total tient un discours sur la transparence qui ne peut pas se traduire dans les faits ». Du coup, le groupe français se trouve au vingt et unième rang (sur vingt-quatre) des sociétés pétrolières les moins bien notées par ce collectif d’ONG. Or, constate Achille Mbembé, en Afrique, « les gens veulent une autre culture politique, qui se traduise par le retour à des valeurs de base ». Un désir qui s’exprime lentement : « Il y a un progrès, au moins sur le plan rhétorique, car auparavant la corruption était niée. »

Désormais, les grands groupes peuvent être interpellés sur les résultats de leurs activités. Ainsi, dans son dernier rapport consacré à l’IDE en Afrique, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) dresse un bilan très mitigé de la présence économique étrangère sur le continent : divergences d’intérêts entre les Etats hôtes et les entreprises (comme le développement d’enclaves sectorielles dans le pétrole ou les mines), politique d’incitations fiscales préjudiciable aux rentrées budgétaires, et absence d’entraînement des capitaux étrangers sur le tissu local. Pour les Français, longtemps dominants, sinon seuls (en Afrique francophone), le passif est lourd. Il décrédibilise le discours des entrepreneurs hexagonaux qui prétendent faire mieux que leurs concurrents asiatiques peu soucieux du développement local, des droits fondamentaux ou d’environnement (voir « Mélange des genres »). Ainsi, des associations comme les Amis de la Terre ou Survie se sont désormais fixé pour objectif de montrer que « l’extraterritorialité dans laquelle agissent les agents privés n’est pas la garantie systématique de l’impunité ». Les Amis de la terre se sont constitués partie civile en mars 2002 dans une action – jusque-là restée sans suite – devant la justice française, intentée par des villageois camerounais contre Rougier, pour « destruction de biens appartenant à autrui, faux et usage de faux, escroquerie, recel, corruption de fonctionnaire (14) ». Aussi l’AFD affiche-t-elle sa volonté de « soutenir les bonnes pratiques ». M. Mbembé souligne le « paradoxe » de cette situation : « Au moment où se produit un désengagement relatif des entreprises françaises, leur action dans les pays hôtes est de plus en plus vue comme du pillage. »

Les entreprises ne peuvent plus se contenter de créer « un îlot de prospérité dans un océan de misère », selon l’expression de M. Henri-Bernard Solignac-Lecomte, économiste au centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), par l’édification d’installations « maison » (école maison, hôpital maison, etc.). Il faut aller plus loin, contribuer à l’amélioration durable du tissu économique ou social local, en soutenant la création de PME, par exemple. Cela implique de repenser certaines pratiques. Ainsi, estime M. Marc Vézina, de l’association ps-Eau, « dans les petites villes et les villages, on pourrait très bien confier l’exploitation de l’eau communale à des opérateurs privés locaux, plutôt que de signer de gros contrats avec des groupes comme Veolia ou Saur ». Mais, ajoute-t-il, « entre les contrats d’affermage à la française et le régulateur à l’anglaise – imposés par la Banque mondiale –, il est bien difficile pour les Africains de trouver leur place ! ». Dans le secteur du bois, les pays producteurs manifestent également des exigences industrielles et fiscales croissantes afin de mieux servir le développement de leur pays. La transformation locale atteint désormais 40 à 100 % de la production de grumes, selon les essences et les pays. Et dans le bassin du Congo, indique M. Rougier, « la fiscalité a été multipliée par deux ou trois depuis cinq ans ».

La baisse tendancielle du nombre d’expatriés depuis vingt ans ouvre un espace à la promotion des cadres africains : moins de 200 expatriés pour CFAO (sur un effectif de 10 300 personnes), contre un millier dans les années 1980 ; une vingtaine à la Compagnie fruitière (sur 15 000) ; 60 pour 2 000 emplois directs chez Rougier ; 381 expatriés chez Bolloré sur 28 868 employés (permanents et temporaires). L’hexagone dispose d’un atout humain précieux mis en valeur par M. Didier Acouetey, fondateur et dirigeant d’AfricSearch, le premier cabinet de recrutement dédié à l’Afrique : « Des cadres d’origine africaine formés en France en nombre croissant, soucieux d’œuvrer de manière concrète au développement de l’Afrique. »

Cependant, la disparité des traitements entre expatriés et recrutés locaux continue de choquer. Dixit un cadre supérieur ivoirien de Bouygues : « En général, le problème, c’est le pourcentage de la masse salariale française par rapport à la masse salariale totale – mais cela reste un sujet tabou. » Et pourtant… « La nationalité des cadres n’est pas neutre sur la répartition des profits entre la maison mère et la filiale », témoigne un ancien cadre de la Banque mondiale. Mais ce sujet « techniquement compliqué et politiquement sensible » n’a jamais été « abordé de front ». Dans certains pays, comme le Gabon, relève la Cnuced, les rapatriements de bénéfices dépassent, certaines années, les entrées de capitaux étrangers ! En 2003, Libreville a cumulé 87,7 millions d’euros d’IDE pour des bénéfices rapatriés de 526 millions d’euros !

C’est dire que le continent reste, dans certains secteurs, une terre attrayante. La rentabilité serait de 5 % seulement dans l’eau potable et l’assainissement, autrefois très profitables, mais de 13 à 15 % dans l’électricité et de 20 à 25 % dans les télécommunications (15) ! Entreprise vieille de vingt ans détenue à 42 % par France Télécom depuis 1997 (et à 27 % par le gouvernement sénégalais), Sonatel représente la première capitalisation boursière sur la place régionale de Dakar (avec un doublement de son cours de Bourse, ces dix-huit derniers mois), et le premier contributeur fiscal du Sénégal. Son chiffre d’affaires a bondi de 30 % en 2004, à 400 millions d’euros, avec un résultat net de 100 millions d’euros.

En Côte d’Ivoire, malgré la destruction de onze de ses treize agences d’Abidjan en novembre 2004, Orange a continué à gagner de l’argent, grâce à une augmentation du parc de téléphones mobiles de 40 % en 2004. Aussi le directeur des opérations internationales de France Télécom et président de Sonatel, M. Marc Rennard, voit-il dans l’Afrique « une des zones au monde qui offrent le plus grand potentiel de croissance » en raison de son faible niveau d’équipement et de sa faible industrialisation. Alcatel profite également de l’expansion du secteur, et, comme d’autres, aura affaire à forte partie : le groupe chinois mi-privé mi-public ZTE, déjà présent dans quatorze pays africains, et dont l’ambition n’est rien de moins que de devenir « le premier fournisseur d’équipements de télécommunication du continent ».

Président de CFAO, M. Alain Viry souligne la facilité d’implantation sur le continent : « Il n’existe aucun obstacle réglementaire à la création d’une entreprise par des capitaux étrangers, ni de limite aux investissements par des non-résidents, sauf dans la partie méditerranéenne du continent. » Mais, pour tirer leur épingle du jeu, les groupes doivent revoir leur stratégie. L’invocation du risque, réel ou fantasmé, n’est pas sans avantage : « Il faut l’accepter et obtenir, en contrepartie, une meilleure rentabilité », assume M. Francis Rougier, président du directoire de Rougier SA. En outre, subtilement, la présence en Afrique « permet d’être invité au tour de table du développement durable et de communiquer sur le sujet », note un observateur sans illusions…

Certains groupes français ont ainsi su adapter leur périmètre d’activités. Passer du métier de transitaire à celui de logisticien axé sur la manutention et la gestion de terminaux portuaires, telle est l’ambition affichée par Bolloré, qui vient de céder ses navires (Delmas) et conteneurs en propriété à CMA-CGM. Le premier employeur français du continent (dont un gros effectif temporaire) tire ainsi parti du constat dressé par un ancien du groupe : « L’Afrique est comme une île, reliée au monde par les mers. Donc, qui tient les grues tient le continent ! »

Cette vente est la dernière d’une longue liste, commencée en 2001 avec la cession de la filière tabac et poursuivie en 2004 avec celle des activités « non stratégiques » de négoce de cacao et café en Côte d’Ivoire, et d’exploitation forestière au Cameroun. Après de multiples cessions (cuirs et peaux, vin, grande distribution), la centenaire CFAO occupe désormais des niches, étroites mais lucratives, dans la distribution automobile et la pharmacie. En 2005, son chiffre d’affaires devrait dépasser 2 milliards d’euros au terme d’un triplement ces dix dernières années ! Au total, l’écrasante majorité des membres du CIAN est bénéficiaire, quoique avec des variations parfois sensibles (16).

Si quelques groupes français tirent leur épingle de la nouvelle donne africaine, seule une nouvelle vision politique permettrait de relancer l’attrait économique pour le continent et de solder les comptes de la « Françafrique ».

Anne-Valérie Hoh et Barbara Vignaux.

, , , , , , , , , , , ,

1) Lire Demba Moussa Dembélé, « Mauvais comptes du franc CFA », Le Monde diplomatique, juin 2004.

(2) Cette compagnie est issue de la fusion de Total, Fina et Elf.

(3) Lire François-Xavier Verschave, La Françafrique. Le plus long scandale de la République, Stock, Paris, 1998.

(4) Huit années d’instruction (1994-2001) ont révélé 183 millions d’euros de détournements de fonds, au profit, notamment, du financement de partis politiques français, tous bords confondus. Si les anciens ministres Charles Pasqua (RPR) et Roland Dumas (PS) ont bénéficié d’un non-lieu et d’une relaxe, l’ancien PDG Loïk Le Floch-Prigent a été condamné à cinq ans ferme. MM. Alfred Sirven et André Tarallo, l’ancien « Monsieur Afrique » du groupe, à quatre ans ferme. Lire Olivier Vallée, « Elf au service de l’Etat français », Le Monde diplomatique, avril 2000.

(5) Cependant, le continent africain ne reçoit que 2 à 3 % des flux mondiaux de capitaux. Cf. Cnuced, « Le Développement économique en Afrique : repenser le rôle de l’investissement étranger direct », Genève, septembre 2005.

(6) Jean-Paul Ngoupandé, L’Afrique sans la France. Histoire d’un divorce consommé, Albin Michel, Paris, 2002.

(7) Mouvement des entreprises de France.

(8) Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Les objectifs du millénaire pour le développement, Economica, Paris, 2003.

(9) Lire Jean-Christophe Servant, « La Chine à l’assaut du marché africain », Le Monde diplomatique, mai 2005.

(10) Lire Anne-Cécile Robert, « Pas en notre nom ? », Manière de voir, no 79, « Résistances africaines », février-mars 2005.

(11) En 2005, le taux d’endettement financier brut du groupe se situe à 30 %, contre 20 % fin 2003.

(12) Antoine Glaser et Stephen Smith, Comment la France a perdu l’Afrique, Calmann-Lévy, Paris, 2005.

(13) Lire Boubacar Boris Diop, « Avertissement ivoirien à la « Françafrique » », Le Monde diplomatique, mars 2005. Les groupes français occupent une place dominante en Côte d’Ivoire dans l’eau et l’électricité (Bouygues) ou la téléphonie mobile (France télécom)… Cependant, ce sont les Etats-Unis qui détiennent les secteurs-clés du pétrole et du cacao. Lire Serge Michailof, « Côte d’Ivoire 2005 : bienvenue sur le Titanic ! », Commentaire, no 110, Paris, été 2005.

(14) Lire Arnaud Labrousse et François-Xavier Verschave, Les Pillards de la forêt. Exploitations criminelles en Afrique, Agone, Marseille, 2003.

(15) La Tribune, 25 août 2005.

(16) « Les entreprises françaises et l’Afrique 2005, 16e rapport », Moniteur du commerce international- CIAN, Paris, 30 décembre 2004-12 janvier 2005.



Anne-Valérie Hoh

Journaliste.

Barbara Vignaux

Journaliste.

Wikio

Filed under: Affairisme, Afrique, Afrique de l’Ouest, Centrafrique, Chine, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, France, Francophonie, Gabon, Multinationales, Niger, Sénégal